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LES FONDS DOCUMENTAIRES


Se repérer dans les fonds d'archives, savoir comment chercher dans la base de données et trouver les notices documentaires décrivant les documents dont on a besoin.

Dans les bas-fonds


Variations autour des procédures criminelles des capitouls de 1670 à 1790

Suite au confinement, puis déconfinement progressif, nous modifions notre offre en ligne afin de permettre à ceux qui ne peuvent se déplacer, d'accéder en partie aux archives de la justice criminelle des capitouls.

Les (Bas-) Fonds à la carte
#MaPetiteSalleDeLectureVirtuelle

Nous proposons ici une (petite) salle de lecture virtuelle, cette page tenant lieu d'espace de demande et de consultation des procédures criminelles des capitouls que nous numérisons à la carte.

Nous vous invitons à sélectionner directement une procédure particulière à partir des inventaires en ligne, puis de nous en envoyer la référence (cote) précise.
Nous la numérisons ensuite, nous en faisons un fac-similé (que nous affublons d'un titre) et nous posons ce dernier sur cette page en le rendant disponible au téléchargement par tous. En outre, nous vous offrons la transcription d'une des pièces (voire plus si affinités) de l'affaire ainsi que des commentaires et quelques pistes de recherches s'il nous est loisible. Voilà, le tour est joué !

n°12 : M.-L. est numismate. Ses recherches actuelles l'amènent à s'intéresser aux jetons qui ont pu être gravés, frappés et distribués sous l'Ancien Régime, qu'ils soient de fondation (enterrés à l'occasion de la pose de la première pierre d'un édifice), commémoratifs (à l'instar des médailles), ou de présence (distribués sous forme de gratification). Ce sont précisément ces derniers qui sont volés à un ancien capitoul en 1702.
« Adieu louis d'or, écus et jetons d'argent »
fac-similé à télécharger ici

 

n°11 : M. s'intéresse à la famille Lombiac. Le Lombiac dont il est question dans cette procédure – et dont on ne sait autre chose si ce n'est qu'il à servi dans le régiment de Condé, se retrouve en fâcheuse posture car il se fait surprendre un soir d'octobre 1790, rue des Moulins, dans la chambre d'une femme mariée ; ce qui n'est visiblement pas du goût du mari !
« Chez Lavigne on y entre comme dans un moulin »
fac-similé à télécharger ici

 

n°10 : À la rentrée prochaine de septembre, X... va entreprendre un Master d'histoire axé sur la criminalité à heure nocturne. Il a sélectionné une procédure d'août 1766 où l'on assiste, à minuit pile, à un assassinat au beau milieu de la place Saint-Georges.
« L'assassinat de Saint-Maurice »
fac-similé à télécharger ici

 

n°09 : La seconde procédure demandée par E... dans le cadre de sa recherche sur les troubles au spectacle, voit cette fois un acteur jaloux être la cause d'une cabale menée contre celui qu'il tient le rôle qu'il convoitait.
« La fée Urgèle, ou Ce qui plaît aux dames »
fac-similé à télécharger ici

 

n°08 : M... travaille actuellement sur l'impuissance masculine au XIXe siècle, mais elle ne répugne pas à chercher des exemples plus anciens. Un cas repéré en l'année 1750 a particulièrement éveillé sa curiosité.
« La longue nuit de l'impuissant »
fac-similé à télécharger ici

 

n°07 : K.-P… est un étudiant britannique qui prépare un projet de Phd (thèse) qui serait une étude comparative des modes et flux de circulation (charrois, charrettes à bras, etc.) dans plusieurs cités européennes sous l'Ancien Régime (Early Modern Period, 1500-1750). Il nous a laissé carte blanche pour lui sélectionner une seule procédure pouvant révéler les possibilités des sources au sein de nos fonds d'archives pour un tel projet.
« Isn't it Géraud, who invented the bollard ? »
fac-similé à télécharger ici

 

n°05 et n°06 : L. est en première année de master d'histoire. Il s'intéresse aux jeux de cartes, plus particulièrement à ces "académies" où l'on donne à jouer des jeux prohibés. Les parties endiablées de pharaon, biribi, cavagnole, dupe, bassette et lansquenet font alors fureur et l'on en ressort généralement ruiné. Ce sont deux procédures de l'année 1740, intimement liées l'une à l'autre, qui ont été sélectionnées par L.
« Cailhava, au mépris des lois divines et humaines »
premier fac-similé à télécharger ici
« Cailhava, le roi du pharaon »
second fac-similé à télécharger ici

 

n°04 : En marge de ses études d'histoire, M... se passionne pour les charivaris. Elle pensait avoir fait le tour de cette pratique festive jusqu'à ce que l'inventaire de l'année 1728, récemment publié, la fasse frémir et bondir...
« Le diptyque du mari agenouillé devant sa femme puis,
chevauchant l'âne »

fac-similé à télécharger ici

 

n°03 : E... prépare un Master en histoire sur les troubles au spectacle. Parmi la liste de procédures qu'il nous demande, nous en avons sélectionné une première, de 1777, qui voit les étudiants et autres jeunes gens occupant le parterre se distinguer par des poussades, des cris et des chants.
« Le chant des mutins du parterre »
fac-similé à télécharger ici

 

n°02 : C'est une procédure de 1752 qui a attiré l'attention de la famille R... Un de leurs ancêtres serait l'auteur d'une malheureuse décharge de mousqueterie sur la place Saint-Georges, lors des festivités de la Saint-Augustin. Heureusement, plus de peur de que mal pour le malheureux passant projeté à terre par la violence du coup.
« Les bouches à feu de saint Augustin »
fac-similé à télécharger ici

 

n°01 : Ce qui intéresse N…, étudiante en histoire de l'art, est que cette l'affaire datée de 1751 se passe précisément sur le chantier de la nouvelle façade du Capitole et qu'elle espère ainsi, à la lecture de cette source, s'approcher au plus près des échafaudages et des ouvriers.
« Monsieur le riche, tu me payeras ou le diable t'emportera ! »
fac-similé à télécharger ici
 

 

La malédiction de Faramond


n° 43 - juillet 2019

Nous sommes en 1703 et, comme toute soirée entre étudiants, celle de François Faramond et de ses camarades débute dans une taverne, le logis du Grand-Pied. Les heures s’égrènent et la compagnie se déplace ensuite chez le nommé Lalande, au Salin, pour y goûter ses liqueurs et son café.
Minuit va bientôt sonner, il est alors grand temps de rentrer. On se sépare, on se souhaite le bonsoir et chacun se dirige chez lui pour une bonne nuit de sommeil.
Mais voilà que, quelques instants plus tard, on retrouve Faramond arpentant les rues de la ville dans le noir complet, à l’aveuglette. Quelle mouche l’a donc piqué à cette heure ?

Mais c’est tout bonnement que Faramond est maintenant bâillonné et a les yeux bandés ! Quatre jeunes hommes inconnus le font avancer de force, les épées lui piquant les reins, et un canon de pistolet lui chatouillant la gorge. Marche bougre ou je te tue !

Que lui veulent-ils ? Où le mènent-ils ? Faramond survivra-t-il à cette longue nuit du 1er avril 1703 ?

Plus que quelques jours à patienter, il vous faudra précisement attendre jusqu'au 1er avril
pour pouvoir télécharger le dossier de cette procédure rocambolesque

L'arme du crime, acte cinq - le fer et le feu


n° 42 - juin 2019

Lotte remettant le pistolet à Werther, dessin à l'encre de Daniel-Nikolaus Chodowiecki, 1777, illustration de l'ouvrage de Goethe, "Les souffrances du jeune Werther" Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-T-1927-65Pour clore cette série sur l'arme du crime, il fallait bien laisser la part belle aux armes de mort et de désolation que sont l'épée et le sabre, le fusil et le pistolet.

Mais voilà, nous avons tenu à les présenter sous un angle bien différent de celui attendu.
Nous verrons en effet que l'épée toulousaine n'était guère solide et qu'elle se brisait souvent sur l'échine d'un adversaire que l'on rossait avec le plat de l'arme.
Quant au pistolet, ce n'est plus reluisant : il faisait faux-feu une fois sur deux et, quand il n'était pas sujet à des ratées, les plombs ou balles se perdaient plus souvent dans le ciel toulousain que dans les chairs de celui ou celle que l'on avait l'intention d'occire.

Pour ne pas trop décevoir certains, une annexe liste tout de même une sélection de cas où ces armes ont brillament fait leur office, sans laisser la moindre chance à leurs victimes.

téléchargez ici le dossier consacré à l'épée et au pistolet

L'arme du crime, acte quatre - l'art de sabler


n° 41 - mai 2019

dossier en constuction,
bientôt disponible

L'arme du crime, acte trois - l'âge du bois


n° 40 - avril 2019

[le galant chassé à coups de canne], gravure de Reinier Vinkeles, Amsterdam, 1787. Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-P-OB-65.374.Lorsqu'en 1767, madame Baup traite sa fille de service « de drôlesse et lui dit que si elle étoit sa fille elle lui donneroit cent coups de bâtons », se doute-t-elle déjà que le lendemain la malheureuse domestique se ferait effectivement rosser à coups de canne par le précepteur des enfants de la famille ?
Le bâton et la canne se révèlent être les armes les plus courante et commodes pour agresser, corriger et se défendre.
La canne s'impose en ville alors que le bâton règne sans partage dans les faubourgs et surtout la campagne. Quant à la toucadoure des charretiers, elle se trouve partout où les mènent leurs convois, que ce soit dans les embarras des rues ou au bord des chemins.
Le bâton se décline aussi en de nombreuses variantes, pas toujours aisées à définir précisément. Mais peu importe, en fin de compte, qu'il s'agisse de triques ou de tricots, de barres ou de bûches, l'important reste toujours de rosser son adversaire.
Cannes et bâtons sont aussi souvent brandis comme de terribles menaces : l'évoquer simplement, voire l'agiter devant un adversaire suffit à le faire trembler. Et, si toutefois il n'en a cure... gare au retour de bâton !


téléchargez ici le dossier consacré au bâton et à la canne

L'arme du crime, acte second - martel en tête


n° 39 - mars 2019

"Le Vulcain de l'Opéra" gravure de Robert Bonnart (détail), fin XVIIe siècle. Bibliothèque nationale de France, RESERVE FOL-QB-201 (71).Loin de la mythologie scandinave ou des prouesses guerrières des anciens, le marteau a retrouvé un rang d'outil pacifique.
Dans les ateliers toulousains de l'Ancien Régime, il frappe et façonne le métal, il sert à enfoncer les clous et les coins, à attendrir le cuir.

Pourtant, lorsque la menace point et qu'un danger se fait sentir, lorsque la colère gagne, le marteau retrouve soudain un peu de son lustre d'antan et sert d'abord à menacer l'adversaire.
Malheur à lui si l'outil redevenu arme n'est pas seulement brandi mais qu'il se met à frapper réellement. Le moindre coup se révèle alors potentiellement fatal et les crânes ne résistent pas souvent à la violence du choc.

Lointain cousin du marteau, le maillet du jeu de mail s'invite lui aussi à la fête et peut se montrer un formidable instrument de terreur entre les mains des mauvais perdants ou des joueurs trop sanguins.

téléchargez ici le dossier sur le marteau comme arme du crime

L'arme du crime, acte premier


n° 38 - février 2019

Dans un premier volet – d'une série de cinq consacrée à l'arme du crime, il convient de prime abord de faire un état sommaire des armes, outils ou ustensiles, mais encore des objets et matériaux les plus divers au service de la violence à la fin de l'Ancien Régime.
Qu'utilise-t-on pour menacer, puis pour frapper son adversaire ? Les armes sont-elles les mêmes dans les rues de la ville, que dans les vertes prairies de son gardiage ou en bord de Garonne ?
La richesse des sources nous a aussi permis d'aller à la rencontre de nombreuses femmes « armées ». Quelques pages leurs sont exclusivement consacrées, nous laissant en contemplation devant toutes celles qui s'équipent lorsqu'elles veulent corriger une voisine ou tenir tête à un homme – et le rosser comme il se doit.

téléchargez ici le dossier sur l'état des lieux des armes du crime

Par le trou de la serrure


n° 37 - janvier 2019

Pamela verdeelt haar kleren in drie bundels. Gravure d'Antoine Benoist, d'après Joseph Highmore (c. 1731-1770). Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-P-1953-632En 1702, lorsque Barthélemy Rech qui était tapi entre deux lits de sa chambre, surgit soudain, sabres aux poings, sa femme, l'amant et une jeune participante à la fête s'égaient prestement et fuient le bras vengeur du mari cocu. Certes, peu d'entre nous se sont jamais cachés sous un lit pour surprendre une épouse ou un mari adultère ; mais, qui n'a jamais écouté discrètement aux portes et qui n'a jamais observé une scène quelconque, dissimulé derrière un rideau.

Les procédures criminelles nous entraînent nécessairement dans un monde où les langues se délient, où les gestes et pratiques des uns sont scrutés par les autres, et où, lorsque l'on est assigné comme témoin, l'on n'hésite plus à avouer sans vergogne que l'on a épié ce voisin depuis sa fenêtre, mais encore à travers les fentes et trous des cloisons ou du plancher. D'autres accordent même volontiers avoir eux-même ménagé ces observatoires de fortune.

Sans but avéré ni plan annoncé, ce dossier nous entraîne dans une intimité réelle ou supposée et (r)éveille en nous des penchants voyeurs que la morale réprouverait s'ils n'étaient présentés sous le sceau de la recherche historique.

téléchargez ici le dossier consacré à ceux qui épient, espionnent ou reluquent

Premiers soins et derniers secours


n° 36 - décembre 2018

[les soins : la pose de l'appareil]. Gravure par Vincent Laurensz. van der Vinne (II). Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-P-OB-62.353 (détail)Qu'il s'agisse d'un simple accident ou d'une agression provoquée par un tiers, peu de blessés et victimes sont retrouvés par les magistrats, gisant encore sur le lieu précis de l'incident. Quant aux corps morts, lorsque la justice arrive enfin, il n'est pas rare qu'elle constate que le cadavre ait déjà été déplacé.
Il faut donc nécessairement que ces personnes aient trouvé quelque force afin de rejoindre un asile ou bien qu'elles aient été secourues par quelque âme charitable.

Ce sont bien ces âmes charitables que nous allons nous efforcer de suivre dans le présent dossier. Des individus dont les archives n'ont pas toujours conservé les noms, des passants émus de pitié, probablement démunis devant la douleur ou les plaies béantes de celui ou celle qui se trouve sur leurs pas, mais qui improvisent et tentent par quelques gestes à apaiser, à rassurer, voire à sauver.

Si les fomentations à l'eau de vie et les bandages de fortune restent l'essentiel des soins avant que l'on transporte les blessés chez un chirurgien, on découvrira que certains de ces infirmiers improvisés maîtrisent parfaitement les premiers soins. Le rôle des femmes sera aussi évoqué, car ces dernières apparaissent clairement comme étant bien plus réactives et habiles que les hommes dans de tels  moments dictés par l'urgence.
Enfin, une petite partie sera aussi consacrée aux secours spirituels administrés aux mourants ou à ceux... déjà morts !

téléchargez ici le dossier complet sur les premiers soins

Les pigeons de la discorde


n° 35 - novembre 2018

[Tête de Diane à la colombe]. Gravure de Gilles Demarteau l'aîné, graveur du Roi, d'après François Boucher (entre 1756 et 1776). Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-P-1918-2045.On pourrait se demander ce que viennent faire les pigeons au milieu de très sérieuses procédures criminelles.

Le volatile est pourtant souvent au cœur de nombre d'affaires car, ne l'oublions pas, il est avant tout élevé pour sa chair. Dès lors, le pigeon en devient un objet de convoitise : on va le voler dans son panier ou le piéger près du pigeonnier.
Mais le pigeon est aussi une source de nuisances, et le voisinage n'apprécie guère les raids dévastateurs dans les champs ni les déjections incontrôlées de l'animal. Quelques coups de fusils peuvent certes régler le problème, mais surtout en créer de nouveaux avec le propriétaire des pigeons.

Enfin, sous l'Ancien Régime, le pigeon reste un formidable appât ; en effet, qui saurait résister à un pigeon à la broche ? Les jeunes filles naïves s'y laissent prendre, pour se retrouver ensuite dans des situations scabreuses.

téléchargez ici le dossier complet sur les pigeons

Pris au corps : l'arrestation


n° 34 - octobre 2018

Au nom du roi, je vous arrête !

Ainsi s'exprime le comte de Rochefort lorsqu'il veut appréhender d'Artagnan. Mais ces paroles et les gestes qui sont décrits dans le célèbre roman d'Alexandre Dumas font-ils écho à une réalité ? Reflètent-ils vraiment la pratique de l'arrestation ?[L'arrestation] Détail d'une gravure en tête d'une feuille satirique néerlandaise en vers, relative à la faillite de Law. Auteur inconnu, 1720. Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-P-OB-83.617.

En s'appuyant sur de nombreux cas d'arrestations conduites à Toulouse et dans ses environs, ce dossier s'intéresse aux différents acteurs des captures, aux techniques mises en place afin d'approcher discrètement les accusés, aux moyens disponibles pour les appréhender et les restreindre, puis les mener en prison en toute sécurité.
Qu'il s'agisse d'arrestations faites en flagrant-délit ou de celles ordonnées par les capitouls au moyen d'un décret de prise de corps, ces opérations donnent évidemment lieu à des actes de résistance, d'abord de la part du prisonnier qui s'y refuse, puis des badauds lorsqu'ils prennent le parti de « la victime » qu'on veut emmener. Et là : malheur au guet ou à l'huissier, qui deviennent à leur tour une proie pour la foule déchaînée.

téléchargez ici le dossier complet sur l'arrestation

 

La grande évasion


n° 33 - septembre 2018

[L'évasion de François de Vendôme, duc de Beaufort, en 1648] Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-P-1896-A-19368-1695

Au gré d'une cinquantaine d'évasions des prisons de l'hôtel de ville, réussies ou pas, nous suivrons dans leur quête de liberté tant les prisonniers civils (pour dettes) que criminels (délits divers et crimes), ceux mis aux fers, que ceux qui jouissent d'une semi liberté dans les prisons.
La plupart y sont poussés par le désespoir, la misère et l'ennui, certains s'y engagent à la lueur d'une opportunité inespérée.
À chacun sa méthode : on y trouvera autant de cas où la ruse prime, que de ceux où un peu de brusquerie et des accès de violence s'avèrent nécessaires.
À chacun ses outils, et rien ne semble résister à la volonté et l'ingéniosité des uns et des autres : avec une simple cheville de fer, des brèches s'ouvrent dans les murs, les couteaux-scie font céder planchers et plafonds, les cordes et draps noués permettent de jouer les filles de l'air.
À chacun sa voie : les plus agiles sautent de toits en toits, et les plus désespérés s'engagent dans les conduits des latrines, avec souvent une issue qui leur est fatale !

Enfin, si les évasions ne sont généralement pas quotidiennes, nous verrons pourtant que l'année 1766 fut particulièrement faste pour les candidats à la liberté des prisons de la ville, mais aussi ceux enfermés au sénéchal, sans oublier les 41 évadés de la conciergerie (prisons du parlement).

évadez-vous et téléchargez ici le dossier sur les évasions des prisons

Le cordonnier, la femme et son amant


n° 32 - août 2018

Tout commence par quelques frôlements entre une femme mariée et son vague cousin par alliance. Une punaise qui se promène sur la peau de l'être désiré et que l'on enlève délicatement...  "The Elopement, or Lovers Stratagem Defeated", mezzotinte colorisée à la main, auteur anonyme, publiée chez Carington Bowles à Londres, 1785. British Museum, inv. n° 1935,0522.1.181.Il n'en faut pas plus pour cet épouillage sensuel amène à un premier baiser.
Mais le mari veille au grain, et le soupirant est vite chassé de la maison. Qu'importe, ceux qui se considèrent désormais comme des amants vont comploter pour éloigner le gêneur et profiter de cette absence provoquée pour s'embarquer sur le canal royal, non sans omettre d'emporter tout le mobilier et les effets qui se trouvent dans la maison.
Or, le mari ne l'entend pas de cette oreille ! Tel un fin limier, il remue ciel et terre, questionne autour de lui les portefaix, les bateliers, les rouliers. Rapidement, il parvient à retrouver la trace des fugueurs, ce qui l'emmène jusqu'à Toulouse où il les surprend finalement au lit et les fait arrêter incontinent.
La ténacité du mari aura porté ses fruits : François Valette pourra s'en retourner à Carcassonne avec la satisfaction d'avoir récupéré ses meubles ; quant à son épouse, il n'en n'a plus que faire : elle sera enfermée au quartier des femmes débauchées de l'hôpital de la Grave pour y faire pénitence !

téléchargez ici la procédure criminelle de l'été (août)

 

Le mari vertueux et la souillon de cabaret


n° 31 - juillet 2018

Une servante d'auberge engrossée, et un malheureux commerçant de passage dénoncé comme étant l'auteur de cette faute."A Bed-warmer", gravure par Thomas Rowlandson, c. 1785. National Gallery of Art, Washington (U.S.A.), inv. n° 1945.5.223, Rosenwald Collection. - à noter que le document est toutefois signé en bas et à droite "H. Wigstead, del[ineavi]t et fecit" -

Pensez-vous ! De telles "souillons de cabaret", lubriques par nature, se livrent sans retenue au premier venu et accusent ensuite qui leur chante. Et puis, l'homme est marié, ce qui implique donc qu'il est "vertueux" par nature ; ainsi, il ne peut nullement avoir commis une telle faute.

Sauf que voilà : les capitouls connaissent un peu la vie ; et, lorsqu'ils réalisent que l'homme est descendu dans l'auberge sous un nom d'emprunt, ils ne doutent plus que Castelnau, alias Louis Belaval, soit effectivement l'auteur de cette grossesse. D'autant plus que ce dernier, décidément bien mal avisé, va s'enferrer tout seul en présentant une défense aussi naïve que cocasse, mais surtout déplorable.

Justice sera rendue, certainement au grand étonnement du "vertueux" Belaval.

téléchargez ici la procédure criminelle de l'été (juillet)

 

Autopsie d'un criminel


n° 30 - juin 2018

Une leçon d'anatomie. Gravure anonyme, 18e siècle. Wellcome Library, inv. n° 32456i.Lorsque médecins et chirurgiens on besoin d'un sujet pour conduire leurs expériences ou leurs leçons d'anatomie, quoi de plus indiqué que le corps d'un condamné à mort.
Bien entendu, on choisira un pendu, de préférence à un roué vif, ce dernier étant par nature assez démembré et donc inutilisable.
S'appuyant en majeure partie sur les Mémoires de Pierre Barthès et sur le fonds des procédures criminelles des capitouls, ce dossier nous entraîne entre 1721 et 1786, à la recherche de ces patients malgré eux, à leur mode de sélection (car tous ne sont pas élus) et à leur destination finale : l'Amphithéâtre d'anatomie ou l'université de Médecine.
Ce véritable catalogue des criminels au service de la science sera suivi d'une courte évocation du body snatching, pratique qui consiste à déterrer et voler des cadavres pour des utilisations diverses.

L'annexe, quant-à elle offre la narration d'une mésaventure plaisante : celle d'une vivisection manquée par des étudiants en médecine décidément très facétieux.

Le fac-similé, très court cette fois, présente deux étudiants en médecine venus se plaindre d'avoir été copieusement insultés et menacés par une mère et ses filles, logeant près de l'université. N'ayez crainte, il y a bien un cadavre à proximité...

téléchargez ici le dossier sur la dissection des criminels pendus

In bed with...


n° 29 - mai 2018

Ne croyez pas que l'on fasse ça tous les jours, mais ce mois-ci nous vous invitons à partager notre lit... ! Soyez prévenu, ce sera pour le meilleur comme pour le pire !

On commencera par effleurer le lit dans sa matérialité, il faudra aussi le défaire pour mieux en saisir les composants et les accessoires. Il faudra les compter ces lits : combien dans une même pièce (et dans quelles pièces d'ailleurs ?).

Cela nous amènera naturellement à faire un état de tous ceux qui peuvent se trouver à partager ce même lit au même moment, à nous interroger sur la façon de s'habiller pour aller au lit (ou de se déshabiller).
Évidemment, on se plongera ensuite dans le lit pour des joutes et des ébats joyeux, à deux ou plus encore, avant de sombrer enfin dans un long sommeil réparateur.
Mais c'est aussi un lit de douleur pour le malade ou le blessé que l'on y trouve couché ; avant que les plus infortunés d'entre eux ne gisent sur leur lit... de mort.

Le lit est encore une cachette, pas bien maligne certes, mais on l'a tous fait : tant pour s'y réfugier en cas d'alerte, que pour y receler les objets les plus incongrus.

Bref, partons ensemble à la découverte et à l'assaut des lits toulousains sous l'Ancien Régime !

téléchargez ici le dossier sur le lit et ses occupants

Les charrettes de la mort


n° 28 - avril 2018

Place ! Gare, gare ! Quand les chevaux s'emballent dans les rues, quand les charrettes serrent de trop près les murs des maisons et des boutiques, quand les carrosses filent sur les pavés : malheur au distrait, malheur au piéton !

Se pencher sur les accidents causés par les véhicules roulants ou les montures galopantes, tant dans les rues étroites de la ville que sur les avenues et chemins des faubourgs, permet de se plonger dans les embarras de Toulouse sous l'Ancien Régime.

En se basant sur de nombreux exemples de chocs spectaculaires, de fracas de roues et d'écrasement de membres, ce dossier descend dans la rue pour observer le chaos supposé.
La ville est-elle si dangereuse qu'on voudrait l'imaginer ? Ses rues sont-elles réellement prises d'assaut par un flux incessant de véhicules de toute sorte ? Y a-t-il même une réglementation qui contraigne les conducteurs à observer certains principes de prudence ? Leurs victimes ont-elles des recours en cas d'accident grave ?

Pour clore ce dossier, une annexe présente une sélection de rapports de chirurgiens et d'autopsie qui permet d'examiner et de comparer les types de chocs et les traumatismes relevés sur les corps des victimes.

téléchargez ici le dossier sur les accidents de la circulation

Que recèlent donc ces poches ?


n° 27 - mars 2018
 

Que pouvait-on trouver dans les poches des gens ?
Des objets essentiels, des papiers utiles, des effets considérés comme intimes ?Poupée costumée, c. 1740-1760 (ici détail sur la paire de poches posée par-dessus le jupon). Manchester Art Gallery, inv. n° 1955.21. Image courtesy of Manchester Art Gallery
Couteaux, lettres, pièces de monnaie, mouchoirs, bouts de ficelle, ... forment alors le début de longues listes que le greffier inscrit scrupuleusement, car le bras de la justice s'étend jusqu'au mort que l'on examine, au suspect que l'on fouille et au vagabond que l'on arrête.
Par l'intermédiaire de la main du magistrat, on étale et on note les possessions exhumées dans les poches des uns des autres.

Peu à peu, on y retrouve une cohérence, on y donne du sens. Mais on peut aussi s'y perdre tant ces éléments nous paraissent quelquefois hétéroclites, comme éloignés des préoccupations quotidiennes.

Mais vouloir s'intéresser au contenu des poches s'avère finalement un exercice périlleux, car cela nous pousse à nous interroger aussi sur l'individualité de personnes muettes à jamais, sur les préoccupations d'une époque désormais révolue, voire plus encore : sur des gestes ébauchés, des pensées perdues et des rêves envolés.

téléchargez ici le dossier sur les poches et leur contenu

Sleeping rough ; à la dure


n° 26 - février 2018

[homme couché au pied d'un arbre, roulé dans son manteau], dessin rehaussé à la craie blanche, Cornelis Saftleven, 1658. Rijksmuseum Amsterdam, inv. n° RP-T-1902-A-4571.Que la saison s'y prête ou pas, dormir à la dure s'impose souvent au pauvre, au vagabond, au fugueur, à l'ivrogne chancelant et au voyageur.
Que l'on soit trop désargenté pour espérer trouver un lit, un abri ; que l'on soit surpris par la nuit et par les portes de la ville trouvées fermées, on devra se résoudre à passer la nuit au pied d'un arbre, dans un trou ou dans un fossé.
Les plus chanceux dormiront peut-être dans un pailler qui se présente à eux sur leur route. Là, ils pourront faire des rencontres surprenantes : la douceur relative du foin favorise en effet les étreintes d'un soir, à tel point qu'on surveille étroitement ces "nids à débauche".
Sleeping rough nous emmène donc à la rencontre de ceux qui passent leur nuit ou leur vie à errer dans le gardiage ou dans les rues, et qui, quelquefois, s'éteignent dans le froid et dans l'indifférence, sous le regard des seules étoiles.

Enfin, l'annexe jointe au dossier, nous fera découvrir un système de chauffage destiné aux pauvres, aménagé certains hivers rigoureux par les capitouls sur les principales places publiques.

téléchargez ici le dossier sur les nuits à la belle étoile et à la dure

Cabots, dogues, mâtins et bassets


n° 25 - janvier 2018

À Toulo[chien assis] dessin à l'encre sur papier. Giovanni Domenico Tiepolo (18e siècle). Rijksmuseum, Amsterdam, inv. n° RP-T-1961-7.use, au XVIIIe siècle, le chien est partout. Que ce soit aux champs, dans la rue, dans les maisons cossues comme dans les appartements miteux, qu'il appartienne au manœuvre, au marchand ou à l'aristocrate, le chien s'impose et ignore les barrières sociales ; on en trouve même qui gambadent librement et logent au sein de l'hôtel de ville !
Petit ou gros, il accompagne son maître au travail, à la chasse ou à la promenade ; il le protège, le défie parfois et, en retour, en est aussi la victime. Nous verrons ainsi des chiens battus, des chiens "volants" et occis.
Nous aborderons aussi le cas des chiens volés car, effectivement, tout chien a son prix. Le trafic de ces bêtes en attire plus d'un et les convoitises sont variées : le chien est aussi prisé pour son pelage et, pire encore, pour servir aux expériences des étudiants en médecine.
Enfin, le chien fait peur : quand il mord, il est bien souvent mis à mort en retour car le spectre de la rage est omniprésent.

Alors ? Une vie de chien que celle des cabots urbains du XVIIIe siècle ? Pas si sûr...

téléchargez ici le dossier complet sur les chiens

Le grand soulagement


n° 24 - décembre 2017

En deux ans d'existence, jamais la rubrique des Bas-Fonds des Archives municipales de Toulouse n'aura autant justifié le nom qu'elle s'est choisi.

Aborder le thème du grand soulagement, c'est prendre un pari : celui de se frotter à la matérialité des déjections dans la ville, merde humaine s'entend.
Ce numéro thématique nous entraîne dans les coins de rues, rendus glissants par ces dépôts malodorants, il nous fait hâter le pas sous les fenêtres des maison d'où, à tout moment, le contenu d'un pot de chambre peut se déverser sur la tête et les habits du distrait. Heureusement le confort des latrines privées nous permettra bientôt de reprendre notre souffle.
Mais, surviennent alors de nouveaux problèmes lorsque ces latrines se trouvent devenues indisponibles car bouchées, et quelquefois même par des objets incongrus ! Nous suivrons alors avec intérêt la vidange de ces lieux peu engageants, au risque d'être asphyxiés par les vapeurs méphitiques qui s'en échappent et dont bien peu en réchappent !
Le périple se terminera sur une note plus légère, celle de la coqueterie, autrement dit du lavement, grande passion de cette fin d'Ancien Régime.

téléchargez ici le dossier complet sur la merde et les latrines

Règlements de comptes à l'affachoir


n° 22 - octobre 2017

Affachoir, écorchoir, tuerie, puis abattoir, le ton est donné : le sang va couler !
Mais ici, nous ne nous intéresserons que très peu au sort des malheureuses bêtes qu'on y mène pour les égorger et débiter. Ce sont les hommes et les femmes qui hantent ces lieux qui vont surtout fixer notre attention.

Ivres de sangs et de tripes, les bouchers, les chevrotiers et égorgeurs de cochons, les tripiers et autres hôtes de ces lieux seraient-il plus enclin à la violence ici qu'ailleurs ?
Au regard du nombre élevé de procédures criminelles liées aux rixes dans les affachoirs, on pourrait en effet être tenté d'en conclure que l'endroit est effectivement propice à tous les excès.
Mais si le sang coule des plaies des uns et des autres, il n'est que bien rarement causé par les "armes" attendues ici ; en effet, les couteaux et hachoirs semblent rester sagement sur les étals, les belligérants leur préférant l'usage des poings ou bien d'instruments pour le moins... étonnants !

Au travers de ces bagarres (plus souvent tragi-comiques que réellement dangereuses), l'affachoir nous permet surtout de découvrir une variété de métiers, d'activités et de personnages surprenants. Il se dévoile finalement comme un lieu débordant de vie, de cris, de pleurs, mais aussi de rires.
L'affachoir ne serait-il pas le vrai cœur de la ville ? Sa source de vie ?

téléchargez ici le dossier complet sur les rixes et querelles à l'affachoir

L'homicide de soi-même


n° 21 - septembre 2017

L'homicide de soi-même, progressivement remplacé sur la fin du XVIIIe siècle par le terme nouveau de suicide, est un crime atroce : il n'est rien de moins qu'un geste sacrilège porté contre l'ordre divin, couplé d'un meurtre sur la personne d'un sujet du roi.
Les lois et ordonnances du royaume imposent de juger sévèrement le suicidé. Reconnu coupable, son châtiment est double : une peine infamante qui vise à effacer la mémoire du suicidé, et une peine afflictive qui va exposer à la vue de tous le corps  déjà mort, puis le traîner ignominieusement dans les rues et carrefours de la ville, avant de le jeter en pâture aux chiens et bêtes sauvages.

Toutefois, en y regardant de plus près, on relève un fait assez étrange : si l'on assiste effectivement à quelques rares procès et exécutions de ce genre dans la ville, cela ne semble pourtant concerner que des personnes qui étaient étrangères (non résidentes).
Les toulousains ne se suicideraient-ils donc jamais ? Ne faut-il pas plutôt voir là la preuve d'une certaine complaisance de la part de la justice des capitouls qui, en fermant les yeux, voudrait respecter les sensibilités et protéger l'honneur des familles déjà cruellement affectées par le geste fatal de l'être perdu ?

téléchargez ici le dossier complet sur l'homicide de soi-même

 

Le trésor des quatre spectres


n° 20 - août 2017

Et si effectivement, hors les murs de Toulouse, dans le quartier du faubourg Saint-Michel, les lieux étaient autrefois hantés par non pas un mais bien quatre spectres, probablement les esprits des anciens propriétaires de la maison de la veuve Bounemaison...
Ne seraient-ils pas les gardiens d'un fabuleux trésor enterré là, quelque part dans la maison ou dans le jardin attenant ?

Du tintamare, il en font assez pour être entendus par la veuve Bounemaison qui en devient singulièrement perturbée, voire dérangée.
Mais, non contents de cela, ces quatre revenants (le défunt mari de la Bounemaison serait de la partie et reviendrait ainsi la hanter), pourraient aussi être des esprits farceurs et frappeurs, c'est en tout cas ce que le jeune et troublant abbé Dupont voudrait nous faire croire lorsqu'il se fait prétendument agresser par eux et s'en retourne "noir comme un charbon" !

Seriez-vous prêt à vous lancer dans cette chasse au trésor ? Alors, faites comme la veuve et l'abbé : munissez vous de cierges bénits, d'un bon crucifix, lancez quelques incantations à la volée et plongez-vous dans la lecture des pièces qui composent cette étonnante procédure criminelle qui vous fera remonter dans le temps, jusqu'en janvier 1738 précisément.

téléchargez ici la procédure criminelle de l'été (août)

Honey trap, le piège de l'amour


n° 19 - juillet 2017

Cette première procédure de l'été, on pourrait la chantonner à la manière d'une nursery rhyme pour adultes. Si, en ce mois d'août 1768, nous n'avons pas la chance de pénétrer dans la chambre de Catherine Dubois, nous entendons tout de même de l'extérieur le cliquetis des épées, les cris, les menaces et le fracas de la vaisselle.

[scène de débauche au bordel], dessin à l'encre sur papier, Nicolaes Knüpfer, XVIIe siècle. Rijk Museum, Amsterdam, RP-T-1898-A-3687.
Ah, la triste ballade !
Pour faire boucan y avait là des irlandais,
Y avait p't-être aussi des anglais ;
Or, Catin ne sachant plus à quel saint se vouer,
Prétendit incontinent les chasser.
Las, en guise de baiser,
Ils voulurent l'embrocher, la rosser,
Et la payer d'une copieuse salade !


Puis, nous assistons enfin au départ précipité de ces quatre étudiants originaires des îles britanniques, venus ce soir-là chez Catherine pour y goûter à des fruits qui, à leur grande surprise, leur furent pourtant défendus.
D'une joute amoureuse déçue à une joute bien réelle, l'épée à la main, le tout se terminera par une passionnante joute entre avocats, seuls gagnants dans cette affaire.

téléchargez ici la procédure criminelle de l'été (juillet)

Mignonne, allons voir si la rose


n° 18 - juin 2017

Qui eut pensé qu'on puisse conter fleurette dans les archives ? Ou plutôt y compter les fleurettes.
L'idée même d'aller rechercher des fleurs dans les documents anciens d'une ville ou d'une institution quelconque paraîtra certainement incongrue à certains.

Et si pourtant on en trouvait par brassées entières dans les registres de délibérations, dans les livres de comptes ? Et pourquoi pas même au sein des procédures criminelles ? Et si les archives de la justice ne se révélaient-elles pas une autre de ces sources complémentaires, utile à l'observation de la flore dans la ville ? Des fleurs en particulier ?

Fleurs offertes à la belle, guirlandes accrochées en l'honneur d'un hôte d'importance, bouquets composés achetés dans la rue, plantes en pots sur un balcon, nombreuses sont les fleurs qui peuvent se cueillir au gré d'une plainte, au détour de la déposition d'un témoin.
D'autres fleurs encore s'offrent plus particulièrement à notre regard lorsqu'elles sont au cœur même du conflit qui sera porté devant la justice des capitouls. On y trouvera par exemple un bretteur qui, de nuit, garde jalousement son jasmin, l'épée à la main. On sera ému devant le désespoir de cette malheureuse jardinière qui se fait enlever tous ses plants d'œillets et de violettes.

Mais ces fleurs, elles ne s'offrent pas si facilement ; il faut les chercher, les traquer même, pour quelquefois n'en pouvoir débusquer qu'une seule après une longue journée passée à herboriser dans les archives. Qu'importe, quel bonheur de l'avoir trouvée, éclatante, si vive après toutes ces années.

téléchargez ici le dossier complet sur les fleurs dans la ville

Couvrez cette marque que je ne saurais voir


n° 17 - mai 2017

La marque ou flétrissure au fer rouge orne les épaules de nombreux criminels condamnés à des peines autres que celle de la mort.

Synonyme de douleur immédiate et d'infamie à vie, la marque gravée dans les chairs de ces condamnés est en principe indélébile. Peu importe que le criminel (repenti ou pas) ait fini son temps d'incarcération, de galères ou de bannissement, la flétrissure reste sur son épaule et le signale à tous comme un être suspicieux, voire dangereux, un récidiviste potentiel.

Une personne ainsi flétrie ne peut plus échapper à son destin, à moins que... À moins qu'elle n'arrive à la supprimer. Pour cela elle devra s'infliger elle-même un supplice supplémentaire en s'arrachant la peau, en la brûlant et la scarifiant afin d'effacer, masquer ou brouiller le signe d'infamie. Un tel résultat peut s'obtenir par l'utilisation de pierres à cautère, d'emplâtres vésicatoires ou d'emplâtres corrosifs.

Et ça marche ! En effet, les médecins et chirurgiens appelés par les capitouls pour contrôler ceux suspectés d'être des repris de justice sont souvent en proie au doute devant les cicatrices étranges et illisibles qu'ils découvrent sur les épaules de certains d'entre eux.
Et lorsque ces experts ne savent être formels, le suspect ne peut donc pas être considéré comme un récidiviste.

téléchargez ici le dossier complet sur la flétrissure dénaturée

Votez pour moi !


n° 16 - avril 2017

On dit que pouvoir voter, c'est pouvoir faire entendre sa voix.
Hé bien ! déjà sous l'Ancien Régime, les nombreuses élections et réunions au sein des corporations de métiers, des diverses confréries, des assemblées paroissiales et même des capitouls, donnaient effectivement l'occasion de faire entendre sa voix.Elections législatives [1914, rixe près des panneaux d'affichage électoraux], photographie de presse, agence Rol, numérisation d'un cliché négatif sur plaque de verre (13 x 18 cm). Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, EST EI-13 (349)

Mais à l'époque, les voix étaient réelles : puissantes, enflammées, vindicatives.
Des chapelets de jurons, des insultes bien senties, bref, tout ce qui donnait du piquant à ces assemblées, tout ce qui causait du trouble, était ensuite porté devant la justice des capitouls.

Ces procédures criminelles nous invitent à pénétrer dans certaines de ces assemblées (nous avons choisi de n'évoquer que celles des métiers), à observer les manigances de certains, à participer de loin aux troubles qui pouvaient quelquefois agiter ces groupes, et enfin à nous délecter des mots bien sentis envoyés à tel ou tel candidat ou bayle élu.
D'ailleurs, en annexe, un petit glossaire des insultes les plus en vue est ainsi proposé pour le ravissement et instruction du lecteur...

Le dossier présente enfin le fac-similé intégral d'une procédure de l'année 1771, où le tapage et scandale causés par un des membres obligera même le corps des boulangers à suspendre l'élection de leurs bayles.

téléchargez ici le dossier complet sur les troubles lors des élections

La comédie interrompue


n° 12 - décembre 2016

Depuis son inauguration en 1737, le théâtre du Capitole est devenu la salle officielle des spectacles donnés à Toulouse, éclipsant ainsi l'ancien opéra du Pré Montardy (ce dernier sera la proie des flammes en 1748, avant de renaître pour être reconverti en salle de concert).[La Comédie française, vue d'intérieur], aquarelle, par Antoine Meunier, [18e siècle], Bibliothèque nationale de France, département Estampes et photographie, Réserve FOL-VE-53 (G).
Désormais située dans l'enceinte même de l'hôtel de ville, la surveillance de la salle et de ses abords est ainsi accrue par la proximité immédiate des capitouls, du poste de garde et des prisons de la ville.

Les troubles au spectacle rapportés dans les verbaux de la justice des capitouls nous permettent de pénétrer dans ce lieu et nous permettent de découvrir un parterre souvent bruyant : sifflets, huées, interruptions des représentations sont monnaie courante. La fougue de certains peut même avoir des conséquences tragiques, comme en 1738, lorsque le jeune Pordéac trouve la mort en s'opposant à l'arrestation d'un camarade. On assiste même à quelques spectaculaires frondes du public, orchestrées par les étudiants.

Si les capitouls et leur main-forte ont quelquefois fort à faire pour calmer les ardeurs du public, ils doivent aussi prendre en compte les écarts des acteurs : entre les contrats non honorés qui laissent le directeur dans l'incapacité de présenter son programme, les querelles d'ego entre comédiens (quelquefois sanglantes), les insultes faites au public et les scandales causés par certaines actrices, la gestion des troupes de spectacle peut s'avérer délicate.

téléchargez ici le dossier complet sur les troubles au spectacle

Haro sur la maquerelle !


n° 10 - octobre 2016

Trois circonstances sont nécessaires pour faire d'une suspecte une maquerelle convaincue : en premier lieu, avoir favorisé la débauche et prostitution de jeunes femmes ; puis d'en avoir retiré un bénéficeCartel destiné à la punition d'une maquerelle. Placard imprimé sur papier (34 × 44 cm), 14 juillet 1775. Ville de Toulouse, Archives municipales, AA 306/65. financier ou en nature ; enfin, les juges auront reconnu que la maquerelle, par son commerce, aura été la cause de graves troubles à l'ordre public (allées et venues d'hommes à toute heure du jour et de la nuit, cris, rixes devant sa porte, etc.).

Condamnées, les maquerelles doivent subir certaines peines infamantes, voire afflictives. Celles qui leur sont spécifiquement réservées sont sans nul doute les plus originales et semblent, à certains égards, plus proches des anciens rites populaires que des châtiments traditionnels. À Toulouse, les coupables sont mouillées ou trempées, c'est à dire placées dans une cage que l'on trempe par trois fois dans la Garonne. Ce supplice non mortel, dit de la Gabio, fait place vers 1760 à celui de l'asinade, qui consiste en une course ou promenade infamante de la maquerelle à travers les rues de la ville, coiffée d'un couvre chef grotesque, juchée sur une ânesse, la tête tournée vers la queue de l'animal.
Leur peine ne se limite toutefois pas à ces "spectacles", qui n'en sont qu'une simple composante, car les maquerelles sont ensuite bien souvent exposées au pilori, fustigées, bannies de la ville ou enfermées (à vie ou à temps) au quartier de force de l'hôpital de la Grave pour y demeurer en pénitence.

téléchargez ici le dossier complet sur la punition des maquerelles

Le devin Baron


n° 8 - août 2016

Des bouteilles de vin d'Alicante qui disparaissent mystérieusement de la maison d'un particulier ;[le devin et sa baguette], gravure, Jac[ques] de Favarine, fecit, pleine page in "Histoire critique des pratiques superstitieuses…", par un prêtre de l'Oratoire [Pierre Lebrun], 2e édition augmentée [par J. Bellon de Saint-Quentin], tome 2 (planche non paginée, entre pages 324 et 325).
un domestique bien embarrassé qui ne sait visiblement qui suspecter ;
un devin et sa baguette quelque peu dégradée...

Les Bas-Fonds de ce mois d'août nous transportent en 1775.

Nous y fraierons avec des domestiques crédules, des maçons ainsi que leurs manœuvres et... Joseph Baron, un devin-sourcier octogénaire - qui tient plus du pauvre bougre que du mystérieux vieillard. Ce dernier se trouvera accusé. Son crime ? La divination à l'aide d'une baguette afin de retrouver les coupables du vol de bouteilles de vin. À moins que ce ne soit la déception et l'abus de confiance...

Bref, les juges ont un peu de mal à définir clairement le "crime" du devin Baron.

Cette procédure, instruite par les capitouls, se découvre comme un simple fait divers. Et si la sentence finale est relativement modérée, c'est, qu'en cette fin d'Ancien Régime, la magie, la sorcellerie, la divination et la nécromancie n'apparaissent plus comme des méfaits atroces qui autrefois étaient punis par des supplices tels que le feu ou l'eau.

téléchargez ici la procédure criminelle de l'été (août)

La rôtisserie du père Varennes


n° 7 - juillet 2016

- Un menu extraordinaire proposant entre autres une tourte des huit pigeons, une dinde farcie aux olives, des godiveaux et truffes, des pommes d'api et un fromage frais au sucre, tout cela généreusement arrosé d'un petit vin local ;Menschelyke beezigheeden : Bestaande in Regeering Konsten en Ambachten na orde van het A. B. C, in honderd figuuren, zinryk uitgebeeld in koper gëest en gefneeden. Met veerzen daartoe passende door. Antoine Schevenhuizen, Harlem, 1695. Détail de la planche 60, le « Pasteinbakker ». Bibliothèque nationale de France, 4-LC-3.
- un pâtissier-rôtisseur qui fait ses emplettes au marché et manque de se faire embrocher ;
- un aristocrate armé d'une canne et de son épée...

Les Bas-Fonds de ce mois de juillet nous transportent en janvier 1725, au marché de la place de la Pierre (Esquirol), et nous font vivre une altercation - d'une violence toute relative. Devant la justice, les voix du rôtisseur (plaignant) et du jeune aristocrate (accusé), ainsi que celles des quatre témoins de la scène, se mêleront et se contrediront.

Cette procédure criminelle, jugée par les capitouls, se découvre comme un simple fait divers. Si elle reste banale, elle n'en permet pas moins d'approcher le cœur de ville, d'offrir une promenade au marché, d'en percevoir presque les bruits, les odeurs, et certainement de tenter les papilles des gourmets.

téléchargez ici la procédure criminelle de l'été (juillet)