Arcanes, la lettre

Dans ma rue


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archive ou de ressources en ligne. Retrouvez ici les articles de la rubrique "Dans ma rue", consacrée au patrimoine urbain toulousain.

DANS MA RUE


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20263100048NUCA : Ancienne commanderie, élévation antérieure, détail. Photo Chailloux Mélanie (c) Ville de Toulouse ; (c) Toulouse Métropole ; (c) Inventaire général Région Occitanie, 2020, 20263100048NUCA.

Et si cet article venait éclairer votre lanterne ?


janvier 2026

Qui n’a pas déjà été intrigué par ce monumental bâtiment, aux couleurs chatoyantes, qui se dresse à l’angle des rues du Lieutenant-Colonel-Pélissier et Saint-Antoine du T. Hébergeant aujourd’hui des services de la Ville de Toulouse, il a auparavant accueilli la commanderie des frères de Saint-Antoine-de-Viennes (ou de Saint-Antoine du Tau qui a donné son nom à la rue), un ordre d’hospitaliers incorporé en 1776, aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Installé à Toulouse vers 1270, l’ordre de Saint-Antoine engage la construction d'une chapelle en 1327 sur un terrain inféodé au chapitre de Saint-Étienne moyennant la redevance annuelle de 5 florins d'or plus la fourniture de draps, torches, flambeaux et cierges. N’honorant plus leur paiement, les frères Antonins sont chassés de leur chapelle qui est confiée alors à la Compagnie royale des Pénitents bleus de Toulouse. Ces derniers la reconstruisent en 1612 avant de se lancer, dix ans plus tard, dans l’érection d’une nouvelle chapelle plus grande, située 50 mètres plus loin (actuelle église Saint-Jérôme). Les religieux de Saint-Antoine de Vienne rachètent la chapelle des Pénitents bleus et le terrain contigu en 1621 et réintègrent leur ancien site. A la fin du 17e siècle, ils lancent le chantier de leur commanderie, édifice dont la façade s’impose encore aujourd’hui sur la rue.  

 

 

 

 

Ce corps de bâtiment, imposant par sa taille, se développe sur 4 étages et 11 travées. Ses élévations sur rue et sur cour sont symétriques et se distinguent par une remarquable mise en scène. Les deux avant-corps latéraux aux chainages harpés, le quadrillage des façades (cordons horizontaux et verticaux), les baies aux encadrements moulurés à consoles pendantes chantournées où l’alternance des frontons triangulaires et cintrés se nourrissent de l’architecture baroque, font de ce bâtiment un édifice remarquable protégé au titre des monuments historiques depuis 1972. 

Oratoire de Fonbeauzard. Voyagée en 1921. Carte postale Labouche frères éditeurs. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 9Fi4868.

Oh la barbe !


décembre 2025

… (ou « Flemme ! » si la scène se passe en 2025) s’est ainsi exclamé votre petit neveu lorsque vous lui avez proposé de passer un moment convivial à surfer ensemble sur le site Internet cartographique et patrimonial UrbanHist+.

Ce qu’il ne sait pas pourtant, c’est que le site s’est enrichi des informations recueillies lors de l’enquête d’inventaire qui a eu lieu en 2024 sur Fonbeauzard : les notices sur le château, les fermes, les maisons ou la partie de la rivière de l’Hers qui traverse la commune sont désormais accessibles d’un clic en suivant ce lien. En téléchargeant le rapport de diagnostic patrimonial, disponible à la fin des images de la notice de présentation de la commune, vous en saurez plus sur cet ancien village, formé sur la base d’une seigneurie et de ses métairies. À l’origine son territoire était principalement occupé par des bois, puis par des parcelles de vignes, elles-mêmes remplacées par des terrains maraîchers et plus tard par des lotissements. Placé en son centre, le parc du château constitue aujourd’hui le poumon vert de Fonbeauzard.  
Quelle barbe ? 

Buste couronnant la 3e fenêtre de la tour pouvant représenter Arnaud de Brucelles. Photo. Fradier, Sophie © Ville de Toulouse ; © Toulouse métropole, 2020.

Brucelles à Toulouse


novembre 2025

 

Les Brucelles composent une famille dont le nom a figuré à quatre reprises dans les annales capitulaires, entre le 15e et le 16e siècles. Arnaud de Brucelles est le dernier de cette lignée à occuper cette fonction en 1534/1535. Cet homme a laissé, par ailleurs, son nom à un hôtel particulier de la rue des Changes

 

Dissimulé par une façade sur rue en pan de bois de style gothique, proche de celle de l’hôtel Boscredon mitoyen, l’édifice s’organise sur une parcelle de taille réduite autour d’une cour centrale. Malgré cette emprise modeste, tous les éléments prestigieux d’un hôtel particulier sont là : deux corps de bâtiment reliés par une spectaculaire galerie en pierre et une tour d’escalier considérée comme étant l’une des plus hautes de Toulouse. Cette dernière se distingue également par l’abondance de son décor sculpté. Ses fenêtres, aux encadrements en pierre flanquées de colonnes cannelées, sont coiffées de bustes féminins et masculins en haut-relief dont deux, vêtus à la mode du 16e siècle, pourraient représenter le commanditaire et sa femme.  

 

Selon l’historien Jules Chalande, Arnaud de Brucelles, marchand drapier, achète l'hôtel en 1527 et le fait largement reconstruire dans un style Renaissance vers 1532-1533. Il se base, pour proposer cette date, sur l'augmentation subite du montant de la taille l'année suivante. Toutefois, la date de 1544 est gravée sur l'arc du deuxième étage de la galerie sur cour. Il pourrait s'agir là du souvenir d'une seconde campagne de travaux concernant la construction des galeries en pierre, réunissant le bâtiment sur rue et la tour, venues remplacer d’anciennes structures en bois très courantes à la période moderne.

Ancien collège Saint-Raymond, devenu presbytère de Saint-Sernin, aujourd’hui musée Saint-Raymond. Années 1880. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 1FI9107.

0 + 0 = la tête à Toto


octobre 2025

Les professionnels de l’architecture et de l’urbanisme ne sont pas tous d’accord, mais il semble cependant qu’un consensus s’impose peu à peu : la conservation et l’adaptation d’un bâtiment ancien à de nouveaux usages a moins d’impact environnemental que sa destruction et la reconstruction d’un nouveau bâtiment [1]. Le 19e siècle employait un mot qui s’est aujourd’hui perdu pour exprimer cette manière de faire : « l’appropriation ». Et ce siècle a fait un grand usage de cette pratique, notamment grâce à la nationalisation des biens nobles et religieux qui a suivi la Révolution. C’est ainsi que l’école des beaux-arts s’est installée dans l’ancien couvent de la Daurade, entre-temps devenu manufacture des tabacs ; l’hôpital militaire prend place dans l’ancien couvent des religieuses Notre-Dame du Sac, le musée « d’art décoratif ancien et exotique » s’établit dans l’ancien collège Saint-Raymond. Si l’appropriation des biens nationaux a parfois commis de nombreux outrages sur ces édifices anciens – on pense bien sûr à la disparition de la plupart des cloîtres des établissements religieux – elle a aussi permis que certains chefs-d’œuvre de l’architecture toulousaine parviennent jusqu’à nous. On peut y ajouter encore – et parmi de nombreux autres ! – l’église des Jacobins, les anciens collèges, l’hôtel Dubarry, l’hôtel de l’archevêché, etc. L’administration adapte ces bâtiments, pour nombre d’entre eux devenus monuments historiques, et y installe des services publics : écoles, musées, bibliothèque, préfecture, trésor public, etc. Les Archives conservent de nombreuses occurrences de ce mot jusqu’au milieu du 20e siècle. La seconde guerre mondiale marque la rupture : l’ancien monde est dépassé, l’avènement du béton, économique et facile à utiliser, permet la démolition totale de quartiers anciens et leur reconstruction selon les normes hygiéniques et esthétiques du temps.  

La table rase n’est plus d’actualité, mais le terme d’appropriation dans le sens qui lui était donné au 19e siècle n’est pas réapparu pour autant. Relevant plutôt de l’intime, il est utilisé dans le domaine de l’architecture pour traduire le fait de faire sien, matériellement ou symboliquement, un lieu, un logement ou le quartier où l’on vit. On lui préfère aujourd’hui les termes d’adaptation, de rénovation, de restauration ou de réemploi. De nombreux architectes ont aujourd’hui à cœur de faire avec l’existant. On peut citer à cet égard les deux chantiers menés par la Poste à Toulouse, le bâtiment Art déco à Saint-Aubin et celui en cours de transformation de l’ancienne poste des Minimes, qui affichent leur adéquation avec les considérations environnementales actuelles.

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[1] https://www.envirobat-oc.fr/Reno-vers-le-futur-le-RDV-des-pros-de-la-renovation-en-Occitanie  

Notre-Dame la Daurade, chapelle de l’immaculée Conception, détail de la Vierge, peinture de Bernard Bénezet. Photo B. A. (c) Mairie de Toulouse, 2022.

Trouble des sentiments


septembre 2025

Qu’ont en commun les églises de Saint-Nicolas, Notre-Dame la Daurade, Saint-Etienne, Saint-Sernin et du Notre-Dame du Taur ? Si vous donnez votre langue au chat, sachez qu’elles sont ornées d’un cycle pictural signé par Bernard Bénezet (1835-1897). Formé à l’école des Beaux-arts de Toulouse puis dans l’atelier d’Hyppolite Flandrin à Paris, cet artiste se spécialise comme son maître dans la peinture monumentale religieuse, reprenant à son compte l’idéal classique du peintre parisien.

Après son échec en 1861 au Prix de Rome qui lui aurait permis de partir se former quelques années dans la ville Eternelle, il retourne à Toulouse où il obtient une reconnaissance rapide de son travail. Proche du milieu catholique, Bénezet reçoit de nombreuses commandes dans la région toulousaine durant toute la seconde moitié du 19e siècle, essentiellement des œuvres religieuses (peinture murale ou de chevalet). L’artiste, empreint d’un fervent régionalisme, recherche une peinture d’inspiration médiévale, et n’hésite pas à plaquer ses silhouettes sur des fonds d’or, accentuant l’expression dramatique des personnages, dont les visages et la gestuelle sont les principaux éléments retenant le regard du spectateur. Avec le temps, l’artiste atténue cet aspect en installant ses figures dans un décor prenant peu à peu plus de corps, créant un cadre dans lequel s’exprime pleinement le trouble des sentiments.

 

Notre-Dame du Taur, transept “Dogme de l’Eucharistie” (détail), peinture de Bernard Bénezet. Photo Maligne, Frédéric (c) Mairie de Toulouse, 2024.

Selon les édifices, les œuvres de Bénezet occupent un pan de maçonnerie, une voûte, une chapelle ou les murs de la nef. A la Daurade, ce sont les chapelles de l’Immaculée Conception et celle du Sacré-Cœur qui reçoivent les peintures de l’artiste. A Notre-Dame du Taur, les œuvres de Bénezet se déploient dans la partie haute du transept (dogme de l’Eucharistie), dans la chapelle axiale (Martyre et Apothéose de saint Saturnin) et la chapelle Saint-Joseph (Mort de saint Joseph). Sa dernière œuvre se développe sur les murs de la nef de l’église de Saint-Cyprien sur lesquels six panneaux sont consacrés à la vie de saint Nicolas. Pour les journées européennes du patrimoine, les 20 et 21 septembre prochains, ces trois lieux seront animés par des visites flash proposées par la Direction du Patrimoine, présentant l’histoire de ces églises et les peintures de Bernard Bénezet.

 

Tour de France cycliste 1958. Coureurs cyclistes arrivant dans le vélodrome du stadium sur l’île du Ramier, 10 juillet 1958, Emile Godefroy - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 19Fi4498.

L’île du Ramier : des moulins du château au parc des sports


juillet - août 2025

Située entre deux bras du fleuve, cette grande île doit son nom à un terme local se rapportant aux terres en bord de Garonne, le plus souvent couvertes de bois mais aussi cultivées, qui apparaissent ou disparaissent en fonction de la montée des eaux. Le ramier du château fait ainsi référence aux propriétés des Moulins du château narbonnais, importante société de meunerie en activité du 12e siècle aux années 1900. Détruits dans les années 1940, ils se trouvaient un peu plus au nord, au niveau de l’actuelle rue du Moulin-du-Château.  

La vocation industrielle de l’île du Ramier s’affirme à la fin du 17e siècle, avec l’installation d’un moulin à poudre près de la chaussée de Banlève. Agrandie, détruite et reconstruite au gré des explosions qui se succèdent, la poudrerie déménage plus au sud à partir de 1848, afin de s’éloigner des zones d’habitation et d’étendre sa surface d’exploitation.  

Quelques usines s’installent à sa place, entre le pont Saint-Michel et la chaussée de Banlève.   

Ruinée à la suite de l’inondation de 1900, la société des Moulins du château vend ses possessions à la Ville de Toulouse : les moulins, mais aussi les terres qu’elle possède sur l’île du Ramier, celles cultivées comme celles louées à l’État pour la poudrerie ou à divers particuliers.  

En 1902, la municipalité transforme la partie située entre l’ancienne et la nouvelle poudrerie, utilisée alors comme pépinière, en « parc toulousain ». Cet espace arboré devient un lieu de déambulation et de récréation populaire. C’est sur cet emplacement, qu’en 1925, la municipalité socialiste d’Étienne Billières s’engage dans un vaste projet de « parc municipal des sports » aboutissant à l’ensemble des piscines Nakache et Castex et du stadium, au cœur aujourd’hui de l’aménagement métropolitain du « Grand Parc Garonne ». 

Haut lieu des loisirs et des sports depuis plus d’un siècle, c’est sur l’île du Ramier qu’a eu lieu mercredi 16 juillet le départ de la 11e étape du tour de France 2025, tandis que le 10 juillet 1958, le stadium voyait la victoire d’André Darrigade, emmené au sprint par Anquetil, après la crevaison de Louison Bobet lors de la 15e étape Luchon-Toulouse.

"Plan général de la partie de la Garonne qui avoisine le moulin du Château, avec le projet des ouvrages à construire pour franchir la chaussée de ce moulin et lier la navigation supérieure avec l'inférieure". 14 mars 1822. Fonds du Moulin du Château narbonnais - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 61Fi52.

La place Olivier et sa fontaine. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 9Fi4517.

Une fontaine en commémoration de la crue de 1875


juin 2025

Cette fontaine située sur la place centrale du quartier Saint-Cyprien a été élevée en souvenir de l’inondation survenue dans la nuit du 23/24 juin 1875 ; un texte gravé sur un de ses piédestaux en rappelle les faits. Elle a été offerte à la ville par le Comité d’intérêt local du faubourg Saint-Cyprien dont Hyppolite Olivier, entrepreneur et mécène, en était le président et l’un des principaux bienfaiteurs. En effet, cet homme était à la tête d’une manufacture familiale de confiseries, de liqueurs et de chocolats, établie depuis la fin du 18e siècle dans ce quartier (immeuble Olivier, 14 place Olivier). 

Les plans de l’ouvrage sont dressés par l’architecte Guillaume Dargassies en 1885. Il propose une fontaine d’agrément à trois bassins superposés - deux en fontes s’écoulant dans la cuve principale en pierre - et dont la nymphe des eaux, au sommet, était couronnée par un globe électrique permettant l’éclairage de la fontaine (installation démontée depuis).  De nombreuses figures décoratives complètent cet assemblage : des putti poissons soufflant dans une corne ainsi que des angelots dont certains arborent des ailes de libellules.

La fontaine est, à la demande de la Ville, associée à deux bornes-fontaines latérales pour fournir de l’eau aux habitants du quartier et à un abreuvoir semi-circulaire à l’arrière, permettant aux chevaux de se rafraichir. La place est renommée à ce moment-là : de place du Chairedon, elle devient place Olivier en hommage à son bienfaiteur. 

Lors du dernier réaménagement de la place en 2010, la fontaine a été déplacée et partiellement démontée : elle a perdu son socle, sa balustrade, son abreuvoir, ainsi que ses deux bornes-fontaines, rappelant un temps où l'eau n'arrivait pas encore directement dans les logements.

Rampe à balustres en bois de l’escalier de la maison d’Aldéguier, dite hôtel Marvejol. Phot. Hurault, Charles. Fonds photographique du Centre de recherches sur les Monuments historiques, APMH00141082.

De l'antique


mai 2025

Le garde-corps d’un escalier constitue son principal ornement à partir du moment où cet organe fonctionnel se dégage des murs du bâtiment qu’il dessert. À Toulouse, les plus anciens garde-corps repérés sont faits de balustres en bois adoptant une forme de vase avec un pied, un corps et un col, motifs qui peuvent se superposer et se répètent pour former des balustrades protectrices. Le terme « balustre » est de la plus haute Antiquité : il proviendrait de l’ancien italien balaustra, dérivé du latin balaustium et remontant lui-même au grec balaustion, signifiant « fleur et fruit du grenadier sauvage » selon François Blondel, auteur des Cours d’architecture édités en 1675-1683 (1).

 

Si on peut effectivement voir une certaine ressemblance entre les balustres ronds et cette fleur, les balustres toulousains sont eux plutôt de section carrée, assez élancés néanmoins du fait de la superposition de deux vases, tels ceux de l’escalier de la maison d’Adéguier au 47 rue Pharaon, qui aurait été édifié en 1609-1610. Ce dernier constituerait donc l’un des plus anciens escaliers en bois suspendus recensés à Toulouse lors de l’inventaire du Site Patrimonial Remarquable mené entre 2018 et 2021. À cette occasion, plus de 70 escaliers en bois pouvant dater du 17e ou du début du 18e siècle ont été répertoriés. En vis, rampe-sur-rampe ou suspendus, ils sont à près de 90% pourvus de ces balustres, aux dessins tous différents, motif qui disparaît ensuite au cours du 18e siècle.  

 

Ces escaliers constituent le sujet de la communication des chargées d’inventaire de Toulouse Métropole lors du 5e congrès francophone d’histoire de la construction qui se tiendra du 18 au 20 juin 2025 à Toulouse, où sont attendues près de 150 présentations portant sur les matériaux, les processus de construction, les chantiers ou encore l'histoire des techniques d'entretien et de restauration.

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(1) François Blondel. Cours d’architecture enseigné dans l’Academie royale d’architecture. Premiere [-cinquième] partie ..., A Paris, de l’imprimerie de Lambert Roulland ... Se vend chez Pierre Auboin & François Clouzier ..., 1675-1683, p. 158 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k85661p/f363.item 

Immeuble depuis la rue Rivals. Photo Krispin, Laure. (c) Ville de Toulouse ; (c) Toulouse Métropole ; (c) Inventaire général Occitanie, 2025. IVC31555_20253100221NUCA.

"Il est l'or, Montseignor"


avril 2025

Comment ne pas penser, en regardant ce bâtiment, à cette célèbre réplique du film devenu culte de Gérard Oury, La folie des Grandeurs (1971), qui par un jeu de mots évoque l’heure et les tas d’or ! En effet, cet édifice, occupé par différentes institutions bancaires durant plus d’un siècle, se distingue par la présence d’une singulière horloge. Cette dernière déconcerte par son cadran peu commun affichant les 24 heures d’une journée.  

Elévation antérieure, détail de l’horloge. Photo Krispin, Laure. (c) Ville de Toulouse ; (c) Toulouse Métropole ; (c) Inventaire général Occitanie, 2025. IVC31555_20253100223NUCA.

Cet édifice, portant la date gravée de 1895, a été bâti selon les plans déposés auprès des services de la Ville par l’entrepreneur Joseph Montariol (père du célèbre architecte toulousain, Jean Montariol) pour le compte du propriétaire Manuel. Il est venu remplacer un immeuble plus ancien, comme le montre l’élévation dessinée en 1890, et dont le réalignement de la rue de Rivals a entrainé la démolition. 

Ses façades, érigées en pierre de taille, s’appuient sur une maçonnerie de briques et une structure métallique rivetée, visible sur une carte postale ancienne, et qui est réapparue à l'occasion de travaux réalisés en 2023.

Cet immeuble révèle une architecture de style éclectique, au programme ambitieux, avec des élévations ornées de bossages, de nombreux décors sculptés - dont certains (frontons et médaillons coiffant les portes du rez-de-chaussée) ont disparu lors des réaménagements successifs -, une rotonde couronnée par un dôme d’ardoises mais qui, par ailleurs, manquant de hauteur, semble écrasé par ces mêmes éléments et les édifices voisins de la rue d’Alsace-Lorraine.  

Centre d’amplification des lignes à grande distance, détail du calepinage de brique. Phot. Tolsa, Maxime (c) Ville de Toulouse ; (c) Toulouse Métropole (c) Inventaire général Occitanie, 2023. IVC31555_20233150557NUCA.

Où sont les femmes ?


mars 2025

Un an après l’exposition de la maison de l’architecture, Exposé·e·s : les architectes femmes oubliées — Maison de l’Architecture Occitanie — Pyrénées, reprenons le dossier des femmes architectes à Toulouse. 

La première femme architecte dont nous ayons la mention à Toulouse est Marguerite Moinault. Architecte des PTT, elle dresse les plans à partir de mars 1943 du centre d’amplification des lignes à grande distance. Elle les signe en conservant les nom et prénom de son mari (« Mme André Moinault ») qui exerce la même profession, ce qui en complique l’attribution. Elle est l’une des premières femmes en France à avoir obtenu un diplôme d’architecte. Son père, Georges Bowé, est également

Centre d’amplification des lignes à grande distance, élévation antérieure. Phot. Tolsa, Maxime (c) Ville de Toulouse ; (c) Toulouse Métropole (c) Inventaire général Occitanie, 2023. IVC31555_20233150556NUCA. maître d’œuvre, ses enfants, Jacques et Jean-Pierre,le seront aussi. À Paris, Marguerite Moinault réalise notamment en 1965 le bâtiment au 31-35 rue Pastourelle (aujourd’hui protégé au titre des Monuments Historiques), au cœur d’un îlot emblématique de l’architecture des télé communications. 

Femme architecte ou femme d’architecte ? Il est souvent difficile de séparer leurs travaux de ceux de leurs époux. Marie-Louise Cordier est l’une des dix femmes exerçant après-guerre en France. Elle participe à la construction de la cité de Jolimont à partir de 1954 avec son mari, architecte également, ainsi qu’à plusieurs réalisations liées au mouvement coopératif des Castors, comme celles de la cité de Bagatelle. D’après l’ouvrage Toulouse, 1945-1975, au sein de l’agence, elle s’occupait plutôt de la conception, le chantier et les affaires étant plutôt du domaine de René Cordier1. Elle fait ainsi partie du « phénomène des agences de couples d’architecte » qui invisibilisa le travail des femmes architectes autant qu’il leur permit d’exercer ce métier. C’est le cas de Denise Scott-Brown, mariée à Robert Venturi, architectes de l’Hôtel du département. Devenue officiellement son associée en 1989, alors que cela faisait une vingtaine d’années qu’ils travaillaient ensemble, il obtient en son seul nom le prix Pritzker, équivalent du prix Nobel en architecture. Ils signent pourtant ensemble une importante œuvre construite et théorique, Learning from Las Vegas (avec Steven Izenour) paru en 1968, est considéré comme un manifeste de l’architecture postmoderne.  

Nicole Roux-Loupiac et Philippe Loupiac forment un autre couple d’architectes au sein de l’Atelier 13, leur agence fondée à Paris en 1973. Auteure avec son mari de bâtiments emblématiques de la 2e moitié du 20e siècle à Toulouse (on peut citer le théâtre Garonne ou encore le centre de congrès Pierre-Baudis), son œuvre administrative est également considérable. Elle a occupé en effet les charges d’architecte-conseil auprès de plusieurs départements (1984-1997) et du ministère de la Culture (2003-2012), de présidente de l’ordre des architectes de Midi-Pyrénées (1994-1996), une première pour une femme, ou encore de directrice de l’école nationale supérieure de Toulouse (2010-2013).  

Majoritaires au sein des écoles d’architecture, les femmes commencent (un peu) à sortir de l’ombre. Véronique Joffre, à la tête de son agence, a réalisé de nombreux édifices à Toulouse et dans la région, par exemple le groupe scolaire de la Cartoucherie, où elle réinterprète la brique toulousaine comme autant de briques de Lego multicolores. Citons encore l’agence oeco architectes composée de trois associées, qui ont réhabilité les halles de la Cartoucherie. Espérons que le prix Pritzker, attribué en 2020 à Yvonne Farrell et Shelley McNamara, cofondatrice de l’agence irlandaise Graftons Architect et auteures des plans de la Toulouse School of economy, associées aux architectes toulousains Vigneu & Zilio, bâtiment lauréat de l’équerre d’argent 2020, change la donne.

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1. Jean-Loup Marfaing dir. Toulouse 45-75, la ville mise à jour. CAUE Haute-Garonne. Nouvelles éditions Loubatières, 2009.p. 331

Salle du conseil municipal, Capitole, Le vent d'Autan d'André Lupiac, 1928. Phot. Renard Stéphanie (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Occitanie, 2016, IVC31555_20253100082NUCA.

L’Autan un vent local


février 2025
L'Autan, prolongement du vent marin soufflant sur les côtes du Languedoc-Roussillon, touche particulièrement le Midi toulousain et le Lauragais. Figure à part entière de la vie toulousaine, il a été représenté par un artiste local André-Pierre Lupiac sur une des toiles ornant la salle du conseil municipal du Capitole Capitole, salle du conseil municipal. Phot. Renard Stéphanie (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Occitanie, 2016, IVC31555_20253100076NUCA..
En effet, cette peinture, aux couleurs vives et aux formes simplifiées, présente au premier plan l'Autan, personnage joufflu, dégageant de son souffle les nuages obscurcissant le ciel, suivi de près par le char du Soleil.
Au loin Toulouse se révèle au travers du clocher de la Dalbade, du dôme de la Grave et de l'église Saint-Nicolas.
Cette toile mise en place en 1928, est une des dernières venues complétées le décor de cette salle dont le projet avait été approuvé trente ans auparavant. Au total, huit peintres sont intervenus pour exécuter ces œuvres monumentales prenant place sur les murs et au plafond.
Ce dernier, divisé en cinq caissons, est orné de cartouches peints dont deux sont restés vides jusqu'à nos jours. Or, dans le cadre d'une grande campagne de restauration des salons du Capitole, un concours a été lancé pour désigner les futurs artistes chargés d'effectuer les peintures manquantes de la salle du conseil municipal. Ce sont les artistes Ida Tursic et Wilfried Mille, associés au designer architecte Olivier Vadrot, qui ont été désignés comme lauréats par le jury. Ces nouvelles créations seront inaugurées en novembre prochain.
Église du séminaire du Christ-Roi puis église paroissiale, vue d’ensemble. Phot. Fouquet Julien (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Occitanie, 2016. IVC31555_20163100015NUCA.

Fans de roulettes


janvier 2025

Amis skateurs, lorsque vous vous rendrez au skate-park du quartier de la Terrasse, l’un des 10 skate-parks que compte la ville de Toulouse, n’hésitez pas à jeter un coup d’œil à l’église du Christ-Roi, située juste à côté. Ne serait-ce les vitraux dont elle est parée et le clocher qui la cantonne, elle a toute l’apparence d’un gymnase. Érigée selon des plans datés de 1965, au moment même où explose la construction d’équipements sportifs scolaires, elle utilise les mêmes innovations en termes de matériau, notamment le bois lamellé-collé, utilisé à la place du métal dans la charpente1. La redécouverte de cette ancienne technique de collage de nombreuses lattes de bois, modernisée et industrialisée2, permet la réalisation de charpentes légères et de grande portée offrant de vastes espaces, utilisées pour les stades, les halls de gares ou d’aéroport. Au Christ-Roi, les architectes Paul et Pierre Glénat font courir un large bandeau décoré de vitraux le long de la partie haute des murs, bandeau qui se développe ensuite verticalement en travées régulières, délimitées par des dalles de béton désactivé. Les murs pignons sont en brique et reposent sur un socle avec des piliers en béton armé. Église du séminaire du Christ-Roi puis église paroissiale, vue de la nef. Phot. Fouquet Julien (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Occitanie, 2016. IVC31555_20163100026NUCA.À l’intérieur, les arbalétriers de la charpente se poursuivant jusqu’au sol créent une large nef à un seul vaisseau. L’autel est placé contre le mur de brique, légèrement surélevé par un emmarchement mais proche des fidèles, suivant ainsi les consignes de la nouvelle liturgie apportée par le concile de Vatican II (1962-1965). Les premiers plans des frères Glénat, datés de 1962, montrent un tout autre programme : l’église de plan hexagonal place l’autel au centre de l’édifice, les façades sont percées de petites baies géométriques et la toiture est formée par un jeu de pans inclinés. Que s’est-il passé entre la pose de la première pierre, le 17 juin 1962, et sa consécration le 30 octobre 1966 pour un tel changement de parti ? On peut supposer que des questions de budget ont eu raison du programme original, plus ambitieux peut-être.

L’église du Christ-Roi se situe à l’entrée d’un ensemble paroissial, accueillant à l’origine un petit séminaire qui se composait, outre l’église, de salle de classes, de dortoirs, d’un réfectoire et d’un bâtiment pour l’administration. Les équipements sportifs compris dans les plans masses, et notamment le gymnase, n’ont en revanche jamais été construits.

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1 - Philippe Bonnet, « Les équipements sportifs des lycées bretons (1850-1985) », In Situ [En ligne], 44 | 2021, mis en ligne le 11 mai 2021, consulté le 22 janvier 2025.
2 - Portail en ligne du bois lamellé.

Cour Henri IV et le portail dit de Bachelier. Phot. Friquart, Louise-Emmanuelle, 2024 (c) Ville de Toulouse ; (c) Toulouse Métropole ; (c) Inventaire général Occitanie. IVC31555_20243101641NUCA.

Sacré Henri IV !


décembre 2024

Le 13 décembre est la date anniversaire de la naissance d’Henri de Bourbon né en 1553, désigné roi de France et de Navarre sous le nom d’Henri IV en 1589 et sacré à Chartres en 1594. A Toulouse, le nom de ce souverain a été donné dans les premières années du 17e siècle par les capitouls à la cour d’honneur du Capitole.
Cette initiative peut être interprétée comme un geste politique. En effet, elle témoigne d'un désir d’apaisement après les affrontements des guerres de Religion, ainsi que d’une démonstration d’allégeance au pouvoir royal, faisant suite à un soutien inconditionnel à la Ligue catholique. Cette décision entérinée par mandement royal du 5 août 1605 signe la réconciliation. 

Statue du roi Henri IV de Thomas Heurtematte surplombant la cour. Phot. Friquart, Louise-Emmanuelle, 2024 (c) Ville de Toulouse ; (c) Toulouse Métropole ; (c) Inventaire général Occitanie. IVC31555_20243101652NUCA. La cour, aménagée entre 1601 et 1611, est bordée par deux élégantes galeries à arcades alternant les assises de brique et de pierre. Celle située au nord porte les armes du souverain et côté sud, ce sont les armoiries du Dauphin, le futur Louis XIII, qui ornent le centre de la façade. De part et d’autre ont été également apposées des plaques de marbre noir sur lesquelles les Capitouls ont fait graver, en lettres d’or, des textes en latin en l’honneur d’Henri IV et de son fils.  

Deux portails monumentaux permettent l’accès à la cour. A l’est, protégé par un dôme, une statue en marbre d’Henri IV surplombe la cour. Vêtu de son armure de combat, portant originellement l’écharpe blanche des protestants et la croix du Saint-Esprit des catholiques, dans un esprit de réconciliation, son attitude reprend celle des portraits officiels du souverain vainqueur et pacificateur. 

Ce 13 décembre ont été dévoilées les plaques des dédicaces capitulaires nouvellement restaurées.
Par ailleurs, une signalétique proposant les traductions de ces textes en latin, complétées par des éléments de contexte, permet aux visiteurs de les découvrir en toute simplicité.

Quartier Saint-Georges. Creusement du parking. 27 février 1974. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 3Fi302.

Le bruit du marteau-piqueur


novembre 2024

Rares sont les opérations d’urbanisme qui se font à pas feutrés, en douceur et sans heurts, ce serait même plutôt le contraire. Ainsi, plus d’une cinquantaine d’années est nécessaire pour réaliser les percées de la rue d’Alsace-Lorraine, de la rue de Metz et de la rue Ozenne, la dernière d’entre elles, qui voit son achèvement au début du 20e siècle. Ces chantiers de longue haleine alternent des périodes d’intense activité et d’autres de profonde atonie, suscitant souvent de nombreuses oppositions. Des oppositions politiques, suspectant des spéculations financières (parfois à raison) ou cristallisant des désaccords idéologiques, mais aussi l’opposition des habitants, qui voient leur cadre de vie bouleversé.    

Immeuble construit sur les plans de Louis Hoÿm de Marien datés de 1974 et 1976. 241 logements en 1980 (AMT, 693W539/1 à 3). Élévation sur la promenade des Capitouls. Phot. Friquart Louise-Emmanuelle (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Occitanie, 2010. IVC31555_20243102539NUCA Plus près de nous, l’opération de rénovation urbaine du quartier Saint-Georges, menée entre 1958 et 1978 a considérablement bouleversé la configuration de ce quartier populaire, déclaré insalubre depuis les années 1920. La décision de tout démolir pour tout reconstruire, la fameuse « table rase » des Trente-Glorieuses, est prise lors de la séance du conseil municipal du 6 juillet 1959, afin de créer « un centre digne d’une capitale régionale ».  

Plus de 2000 personnes, issues d’une population souvent âgée et aux revenus modestes, sont à reloger. Le premier immeuble terminé au sud de la zone comprend une partie de ses appartements destinée au relogement des personnes expulsées (62 logements en HLM). Non loin, un petit immeuble comprenant 12 appartements est construit par une association d’anciens propriétaires du quartier. Cependant, la plupart des habitants est relogée dans les grands ensembles en cours de construction à la périphérie, à Bagatelle ou à la Faourette1. Dans l’ensemble, ce sont donc surtout des immeubles de standing qui sont élevés dans le nouveau quartier Saint-Georges, conçus par les architectes en vogue dans les années 1970 pour le compte de promoteurs privés.  

Le plan de masse, créé par Louis Hoÿm de Marien, architecte des bâtiments civils et palais nationaux, articule les édifices autour d’une grande dalle piétonne formant une place centrale animée par des fontaines, sous laquelle sont aménagés une galerie commerciale et trois niveaux de parking. La trésorerie générale, des bureaux, un groupe scolaire, un centre social et un hôtel de luxe complètent le programme. L’opération connaît un succès plutôt mitigé : autant les logements ont toujours trouvé preneur, autant la place Occitane et ses commerces, qui devaient remplacer la vieille place Saint-Georges, sont peu fréquentés, malgré d’importants réaménagements entre 2002 et 2007.     

1. Arnauné-Clamens Anne-Marie, 1977, « L’opération de rénovation urbaine du quartier Saint-Georges à Toulouse », Revue géographique des Pyrénées et du Sud-Ouest, vol. 48, no 1, p. 89-101.

Port de l’Embouchure, vue d’ensemble des trois ponts. Photo Noé-Dufour Annie, (c) Inventaire général Région Occitanie, 1996, IVR73_19963100966ZA.

Un doublé devenu triplette


octobre

Comme à la pétanque où l’équipe de trois joueurs est appelée triplette, le site du port de l’Embouchure pourrait porter ce nom au vu de ses trois ponts identiques situés dans une même continuité.Bas-relief de François Lucas, détail de la figure de l'Occitanie. Photo Renard Stéphanie, Mairie de Toulouse, Archives municipales, 2016, 4Num14/10.

Au 18e siècle, les aménagements financés par les Etats de Languedoc sur les plans de Joseph Marie de Saget pour l’amélioration de la navigation et une meilleure communication entre la Garonne et le canal des Deux Mers ont notamment entraîné l’ouverture en 1776 du canal de Brienne. A cette occasion un port a été construit à l’embouchure des canaux vers le fleuve ainsi que deux ponts en remplacement de celui dit de Gragnague qui permettait, jusqu’alors, la poursuite de la route menant à Blagnac. Ces ponts jumeaux érigés entre 1771 et 1774 ont été parés d’un monumental bas-relief en marbre de Carrare. Signé du sculpteur toulousain François Lucas, il loue la prodigalité de la Province à l’origine de ces travaux.  

Au moment du creusement du canal Latéral à la Garonne à partir de 1839, l’érection d’un troisième pont a été nécessaire pour assurer la pérennité des cheminements. Le choix esthétique retenu a été la reprise des caractéristiques architecturales des ouvrages du 18e siècle, à savoir, une maçonnerie en brique soulignée par des éléments en pierre (arcs surbaissés, chainages d’angle, appuis des parapets). La largeur du pont est doublée en 1969, préfigurant les grands aménagements routiers des décennies suivantes avec la construction du pont de l'Embouchure sur la Garonne au début des années 1970 et 10 ans plus tard l’ouverture de la rocade. 

La revue Le Patrimoine dédie son dernier numéro à la statuaire publique dont un des articles est consacré à ce bas-relief, véritable placard publicitaire à la gloire des Etats de Languedoc.

Montrabé. (H-G) – La Mairie (à gauche). Années 1930. Carte postale colorisée. Ed. Lussan. Collection particulière © Droits réservés.

Abracadabra


septembre 2024

Par un tour de passe-passe dont seuls les informaticiens ont le secret, les communes de Montrabé et de Flourens sont désormais visibles sur UrbanHist+. À travers les données issues des diagnostics patrimoniaux, vous pourrez découvrir à Montrabé d’anciennes métairies dont l’origine peut remonter à l’époque moderne : Le Rivalet ou encore Marignac ; les vestiges d’un moulin à vent, ou encore une église de 1976 au clocher-mur résolument contemporain. L’éphémère ligne de chemin de fer électrique reliant Toulouse à Castres, en service de 1930 à 1938, rappelle aussi que les alternatives au tout routier n’ont pas fait long feu. 
Flourens, comme Montrabé, voit son urbanisation décoller au début des années 1970. Les premiers lotissements se concentrent autour de son lac artificiel, aménagé en 1966-1967 pour servir de base de loisirs. Mais Flourens est avant tout une terre agricole, et ce dès la fin de la période médiévale. Des livres-terriers du 17e siècle montrent les deux consulats de Flourens et de Péchauriolle assez densément peuplés, émaillées de grandes métairies appartenant au couvent des Chartreux ou au collège de Maguelonne, à des parlementaires comme le domaine du Chêne Vert, ou à des marchands toulousains, comme la ferme Bourguignon.
Et la magie continue : Cugnaux, Pibrac, Mondonville et Fonbeauzard sont nos prochains terrains d’étude, pour une mise en ligne en 2025 ! Et toujours en partenariat avec la Région Occitanie.