Arcanes, la lettre

Dans ma rue


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archive ou de ressources en ligne. Retrouvez ici les articles de la rubrique "Dans ma rue", consacrée au patrimoine urbain toulousain.

DANS MA RUE


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Trois générations d’architectes toulousains : Jacques Lacassin (1847-1926), Joseph Gilet (1876-1943) et Jean-Louis Gilet (1902-1964)

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avril 2026

Jules Guibal (1820-1863), arrière-petit-fils de Guillaume Cammas (1698-1777) ;  Jean Polycarpe Maguès (1777-1856), père d’Urbain Maguès (1807-1876) ; Jacques-Pascal Virebent (1746-1831), frère de Jean-François Virebent (1741-1811), père d’Auguste Virebent (1792-1857) et oncle d’Urbain Vitry (1802-1863) ; Laffon dit père (répertorié de 1811 à 1849), père de Jean-Pierre Laffon dit fils ou aîné puis oncle (1787-1865) et oncle d’Alexandre Laffon dit neveu (1819-1882) ; Louis Delor de Masbou (1802-1867), père de Frédéric Delor (1832- ?) et grand père d’Adolphe Delor (1859-1942) ; Antoine Isidore (répertorié de 1890 à 1921), père de Raymond Isidore (1879-1931) ; Jacques-Jean Esquié (1817-1884), père de Pierre Esquié (1853-1933) ;  Marius Pujol (184 ?- ?), père de Marcel Pujol (1896-1967) ;  Joseph Thillet (1850-1937), père de Félix Thillet (1886-1957), de Jean Thillet (1912- ?) et grand-père de François Thillet (actif à partir de 1978) ; Eugène Curvale (1861-1931), père d’Albert Curvale (1897-1984) ; Georges Masquet (répertorié de 1873 à 1921), père d’Henri Masquet (1872-après 1939) ; Robert D’Welles (1854-1930), père de Jacques Boistel d’Welles (1883-1970) ; Barthélémy Guitard (1857-1937), père d’Albert Guitard (1882-1916), de Raymond Guitard ( ?-1916) et oncle de Pierre Guitard (1894-1966). Charles Lemaresquier (1870-1972), père de Noël Lemaresquier (1903-1982) ; Jacques Lacassin (1847-1926), beau-père de Joseph Gilet (1876-1943) et grand-père de Jean-Louis Gilet (1902-1964) ; Jean Valette (1876-1961), père d’Hervé Valette (1929-1999) ; Antonin Cazelles (1883-1973), père de  Louis Cazelles (1907-1984) ; Michel Munvez (1907-1967), père de Jacques Munvez (né en 1942) ; Émile Pilette (architecte dans le Nord), père d’Edmond Pilette (1882-1973) ; Pierre Fort (1898-1980), père de Robert Fort (1930-1994) ; Georges Alet (1914-1975), père de Dominique Alet ; Paul Glénat (1887-1992), père de Pierre Glénat (1921-2003) ; Louis Hoÿm de Marien (1920-2007), père de Gabriel Hoÿm de Marien (né en 1946) ; René Viguier (1922-2005), père de Jean-Paul Viguier (né en 1946), etc. 

  

Cette liste (non exhaustive) d’architectes ou d’ingénieurs de père en fils ayant œuvrés à Toulouse a pu être réalisée grâce à l’ouvrage de référence d’Odile Foucaud pour le 19e siècle et ceux du CAUE de la Haute-Garonne pour les périodes 1920-1940 et 1945-1975. 

Coupe et élévation d'un immeuble pour la S.I.G.T. 30-34 rue de Metz signées par les architectes Demartiny et Coutavoz, 1898. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 64Fi8490.

La S.I.G.T. un sigle pour des bâtisseurs d’immeubles aux façades de pierre


mars 2026

Dans les dernières années du 19e siècle, la municipalité toulousaine décide d’achever la seconde portion de la rue de Metz allant du musée des Augustins à la rue du Rempart Saint-Etienne. L’arrêté d’expropriation pour cause d’utilité publique est promulgué le 10 janvier 1894 par la préfecture. Une partie des propriétaires demande alors une expropriation totale de leur immeuble, et non pas seulement des parties traversées par la percée, conduisant à un important surcoût à la charge de la ville. Une société privée, composée de MM. Deffès, Lhomme et Masson, propose à la ville d'acheter les terrains en excédent, ceux qui ne sont pas incorporés à la voie publique. Leur offre est acceptée et un traité est signé le 27 juillet 1894. A la suite de défauts de paiement de la société concessionnaire, un nouveau traité est signé le 16 mars 1896, toujours avec Deffès qui remplace ses deux associés par les entrepreneurs de la nouvelle gare Saint-Jean à Bordeaux, Bertrand Baron et Jean Bouche.Brossage. Stéphanie Renard - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 4Num_nc

 

 

Un an après, le 19 octobre 1897, Deffès, Baron et Bouche forment la Société Immobilière Grenobloise Toulousaine (S.I.G.T.), S.A. au capital de 2 millions de francs, dont les statuts sont déposés chez maître Lescot à Grenoble. La S.I.G.T. prend possession de 60 % des terrains constructibles bordant la future rue de Metz, représentant la construction de 13 immeubles (n°30, 31, 32, 34, 36, 38, 40, 41, 43, 42, 54, 56bis, 60bis rue de Metz). Par ailleurs, la S.I.G.T. s’engage par contrat à n’employer que des ouvriers toulousains, à utiliser les matériaux que leur fournirait l’industrie locale, à faire appel aux menuisiers et marchands de bois locaux, à bâtir des édifices conformes à ceux de la rue d'Alsace-Lorraine et d’une hauteur de 12 mètres environ. Ces bonnes intentions de départ ne semblent pas avoir été parfaitement suivies. En effet, les architectes grenoblois Auguste Demartiny et Charles Coutavos n’ont proposé que des immeubles aux façades majoritairement en pierre de taille, laissant planer un doute sur leurs autres engagements.

FRAC31555_1Fi1131R : "Fondation Inard (1993). Etat des travaux après refus d'utilisation". Pôle Image de la direction de la communication (ville de Toulouse), détail. Mairie de Toulouse, Archives municipales, AMT, 1Fi1131.

Le ciel peut attendre


février 2026

Qui sait aujourd’hui que la cité de l’Espace est née de l’échec d’un projet de musée d’art contemporain ? Et que la structure qui surmonte les salles d’exposition est une œuvre de l’artiste Henri-Georges Adam ? À part les lecteurs du magazine Boudu, auteur en 2017 d’un article approfondi sur le sujet, peu de personnes, en vérité. Pourtant, celui dont on a célébré l’œuvre récemment1, redécouvert après des décennies d’oubli, a bien failli avoir un musée à Toulouse mettant à l’honneur son travail.  

En 1991, un protocole d’accord est signé entre le galeriste parisien d’origine toulousaine, Alain Inard, et la ville de Toulouse pour la création d’un musée-fondation d’art contemporain. Ses objectifs sont d’accueillir des expositions d’art contemporain de niveau international et de faire émerger de nouveaux talents européens. Il s’agit également de promouvoir l’œuvre d’Henri-Georges Adam, dont une collection de plus de 300 pièces est en la possession du galeriste.  

Considéré de son vivant comme l’un des plus grands sculpteurs et graveurs de son temps, Adam est l’auteur de quantité de commandes officielles, notamment grâce au 1% artistique qui vient d’être mis en place. Il développe dans ses œuvres monumentales l’idée de « sculpture habitable », afin que celle-ci dépasse son statut d’ornement et « prenne part à la structure du bâtiment » selon les mots de Yann Le Chevalier2. C’est ainsi que l’architecte Roger Pagès conçoit le futur musée toulousain surmonté de la Chapelle blanche (1951), « pensé sous la forme d’un grand socle afin de conserver le caractère de mausolée voulu par Adam »3.  

La première pierre est posée le 12 mars 1992 en présence du maire Dominique Baudis, grand promoteur du projet, et de Marc Censi, président du conseil régional. Les travaux vont bon train dans un premier temps, mais à l’été 1993, le chantier s’arrête brutalement. Le bâtiment principal est aux trois quarts achevé, mais Alain Inard ne peut plus payer les entreprises qui sont au bord de la faillite. La presse se fait alors l’écho d’un projet élitiste, à la programmation peu médiatique et au montage financier trop vite approuvé. Rapidement la ville change de braquet, rachète le bâtiment pour 26 millions de francs et charge Roger Lesgards, ancien directeur de la cité des Sciences, de rédiger un rapport de préfiguration d’un musée de l’Espace réutilisant la nouvelle construction. Les coûts grimpent vite, estimés à près de 130 millions de francs, mais la cité de l’Espace est inaugurée le 27 juin 1997. Près de 20 plus tard, son succès ne se dément pas. Quant à la collection d’œuvres d’Henri-Georges Adam, cédée à l’époque par Alain Inard à la ville en guise de dédommagement, elle est exhumée des réserves dans lesquelles elle dormait pendant toutes ces années. Après l’exposition de cet hiver, l’une de ses sculptures, La Rana, vient d’être installée dans le nouveau jardin Picot-de-Lapeyrouse sur l’île du Ramier ; trois autres devraient suivre, renouant ainsi avec les réflexions de l’artiste sur la place de la sculpture dans l’espace public. 

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1 : Exposition du 18 septembre 2025 au 18 janvier 2026 au musée des Arts précieux Paul-Dupuy, au Castelet, à la chapelle Saint-Joseph de la Grave et au Monument à la gloire de la Résistance. .  

2 : Yann Le Chevalier, "Henri-Georges Adam, un moderne révélé", catalogue de l'exposition du 18 septembre 2025 au 18 janvier 2026, In extenso éditions, 2025, p. 29.  

3 : Roger Pagès, musée Inard, note de présentation, 31 juillet 1991, AMT, 522W695. 

20263100048NUCA : Ancienne commanderie, élévation antérieure, détail. Photo Chailloux Mélanie (c) Ville de Toulouse ; (c) Toulouse Métropole ; (c) Inventaire général Région Occitanie, 2020, 20263100048NUCA.

Et si cet article venait éclairer votre lanterne ?


janvier 2026

Qui n’a pas déjà été intrigué par ce monumental bâtiment, aux couleurs chatoyantes, qui se dresse à l’angle des rues du Lieutenant-Colonel-Pélissier et Saint-Antoine du T. Hébergeant aujourd’hui des services de la Ville de Toulouse, il a auparavant accueilli la commanderie des frères de Saint-Antoine-de-Viennes (ou de Saint-Antoine du Tau qui a donné son nom à la rue), un ordre d’hospitaliers incorporé en 1776, aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Installé à Toulouse vers 1270, l’ordre de Saint-Antoine engage la construction d'une chapelle en 1327 sur un terrain inféodé au chapitre de Saint-Étienne moyennant la redevance annuelle de 5 florins d'or plus la fourniture de draps, torches, flambeaux et cierges. N’honorant plus leur paiement, les frères Antonins sont chassés de leur chapelle qui est confiée alors à la Compagnie royale des Pénitents bleus de Toulouse. Ces derniers la reconstruisent en 1612 avant de se lancer, dix ans plus tard, dans l’érection d’une nouvelle chapelle plus grande, située 50 mètres plus loin (actuelle église Saint-Jérôme). Les religieux de Saint-Antoine de Vienne rachètent la chapelle des Pénitents bleus et le terrain contigu en 1621 et réintègrent leur ancien site. A la fin du 17e siècle, ils lancent le chantier de leur commanderie, édifice dont la façade s’impose encore aujourd’hui sur la rue.  

 

 

 

 

Ce corps de bâtiment, imposant par sa taille, se développe sur 4 étages et 11 travées. Ses élévations sur rue et sur cour sont symétriques et se distinguent par une remarquable mise en scène. Les deux avant-corps latéraux aux chainages harpés, le quadrillage des façades (cordons horizontaux et verticaux), les baies aux encadrements moulurés à consoles pendantes chantournées où l’alternance des frontons triangulaires et cintrés se nourrissent de l’architecture baroque, font de ce bâtiment un édifice remarquable protégé au titre des monuments historiques depuis 1972. 

Oratoire de Fonbeauzard. Voyagée en 1921. Carte postale Labouche frères éditeurs. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 9Fi4868.

Oh la barbe !


décembre 2025

… (ou « Flemme ! » si la scène se passe en 2025) s’est ainsi exclamé votre petit neveu lorsque vous lui avez proposé de passer un moment convivial à surfer ensemble sur le site Internet cartographique et patrimonial UrbanHist+.

Ce qu’il ne sait pas pourtant, c’est que le site s’est enrichi des informations recueillies lors de l’enquête d’inventaire qui a eu lieu en 2024 sur Fonbeauzard : les notices sur le château, les fermes, les maisons ou la partie de la rivière de l’Hers qui traverse la commune sont désormais accessibles d’un clic en suivant ce lien. En téléchargeant le rapport de diagnostic patrimonial, disponible à la fin des images de la notice de présentation de la commune, vous en saurez plus sur cet ancien village, formé sur la base d’une seigneurie et de ses métairies. À l’origine son territoire était principalement occupé par des bois, puis par des parcelles de vignes, elles-mêmes remplacées par des terrains maraîchers et plus tard par des lotissements. Placé en son centre, le parc du château constitue aujourd’hui le poumon vert de Fonbeauzard.  
Quelle barbe ?