Arcanes, la lettre


Chaque mois, l'équipe des Archives s'exerce à traiter un sujet à partir de documents d'archives ou de ressources en ligne. Ainsi, des thèmes aussi variés que la mode, la chanson, le cinéma, le feu sont abordés...

EN LIGNE


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Série n° 28. Bonne année. Carte de vœux représentant un paysage enneigé et une branche de houx. 1914-1916 Carte postale illustrée, 9 × 14 cm. Paris : Éditions Em. Brocherioux. JIM - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 86Fi328.

Six fonds


décembre 2022
Quand on est un rédacteur d’ Arcanes, il y a des thématiques qui nous inspirent… et d’autres qui nous aspirent dans un abîme de perplexité. Et pour y remédier, il est quelquefois utile de revenir aux fondamentaux.

Focus donc ce mois-ci sur six fonds remarquables conservés aux Archives de Toulouse :
les procédures de la justice criminelle des capitouls,
les registres d’état civil,
les dossiers de l’ingénieur en chef de la direction des travaux,
les archives des Éditions Privat,
les clichés et accréditations du photographe de presse André Cros,
les maquettes d’architecture et d’urbanisme ;
de quoi, je l’espère, obtenir un aperçu de la diversité et de la richesse de nos ressources en quelques clics…

Et puisque l’année touche à sa fin, j’en profite également pour vous souhaiter de belles fêtes et vous présenter nos meilleurs vœux pour 2023 !
Copie d’écran de la base de données en ligne des Archives de Toulouse. Mairie de Toulouse, Archives municipales, non coté.

En avoir plein la vue


novembre 2022
Comme vous le savez sûrement, les Archives de Toulouse conservent un grand nombre d’images, de différents types, formats, techniques ou supports. Près de 127 500 sont décrites dans notre base de données, près de 123 000 sont numérisées et disponibles en ligne. Joli score, n’est-ce pas ? Mais les chiffres ne font pas tout ; et peu importe que vous ayez de belles images à proposer, si personne ne sait où les regarder.
C’est là que notre rubrique prend toute sa place, en vous invitant à découvrir notre nouvelle page consacrée aux images numérisées ! Suivez le guide…

Vous recherchez une image en particulier ?
   Utilisez la barre de recherche spécialement dédiée à cet effet.
Vous ne savez pas par où commencer et/ou vous préférez vous laisser guider ?
   Piochez dans les réservoirs d’images mis à votre disposition.
Vous vous intéressez à la photographie et réutilisez des images libres de droits ?
   Venez explorer les fonds de photographes appartenant au domaine public
   ou qui ont autorisé la réutilisation de leurs œuvres.
Vous vous intéressez à l’histoire de Toulouse et appréciez les plans anciens ?
   Découvrez-en quelques-uns grâce à notre frise chronologique.

Et si après tout ça, vous n’en avez toujours pas plein la vue, il ne me restera plus qu’à changer de métier…
Bonne consultation !
[Caisses d'emballage Victor Douat]. 6 ou 10 rue du colonel Driant. Vers 1940. Les ouvriers posant devant l'entreprise. Vue d'ensemble. Carte postale photographique N&B, 9 × 14 cm. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 9Fi4895 (détail).

Emballant emballage


octobre 2022
Dans le monde des archives, on parle plutôt de conditionnement, et ce dernier ne se fait pas à la légère. Car, pour garantir dans le temps la bonne conservation des supports et des informations, il est nécessaire de prendre certaines précautions mûrement réfléchies. Mais ce n’est pas de cela dont nous allons parler aujourd’hui… Non. Cette fois nous allons nous attarder sur un emballage bien différent : celui de la base de données des Archives de Toulouse.

Vous la connaissez bien. On vous y renvoie très souvent, car elle est à la fois notre outil de travail le plus complet, celui où l’on consigne toutes les informations nécessaires à la compréhension et à la recherche des documents, et à la fois notre première vitrine, celle où l’on vous invite à la consultation (en ligne ou sur place, selon la disponibilité du support). Il est donc important pour nous d’en soigner la présentation, la visibilité, la signalétique ; bref, de la rendre la plus accessible et la plus attrayante possible. Cela demande de remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier, car les pratiques évoluent et les possibilités techniques aussi. L’exemple des autres est également une importante source d’inspiration et certaines institutions font souvent office de modèles en la matière.

Sans vous divulgâcher la surprise, vous aurez donc deviné que nous travaillons à une refonte de notre accès à la base de données, à un nouvel habillage (ou emballage) de nos ressources, afin d’en améliorer l’ergonomie. Mais cela demande du temps (et quelques ajustements techniques), il faudra donc patienter encore un peu avant d’en voir le résultat. Sachez toutefois que vous serez les premiers à le découvrir…
Cadastre du capitoulat de Saint-Étienne, ville. 1680-1690. Trente-quatrième moulon. - Mairie de Toulouse, Archives municipales, CC126/34 (vue 33).

Totem


septembre 2022
Les archivistes sont des gens à part : ils aiment trier, ranger, éliminer ; ils savent organiser des courses de chariots ou des concours de montage de boîtes ; et ils peuvent passer des heures à réfléchir sur la pertinence d’un mot-clé ou la complexité d’une arborescence. Ce sont de drôles de « zèbres », qui se reconnaissent entre eux, se réunissent en groupes et sections, et se retrouvent tous les trois ans aux quatre coins du pays, pour partager leurs expériences et apprendre des grands sages... Bref, ils constituent une véritable tribu.

Ne leur manque donc plus qu’un animal-totem, pour affirmer à la face du monde leur identité profonde, un peu comme le lion des Gryffondors. Et c’est là le hic. Quel animal choisir ? Ce ne peut décemment pas être un rongeur ou un insecte xylophage, il y aurait conflit d’intérêt…

Aussi étonnant que cela puisse paraître, le cadastre toulousain de 1680 peut, dans ces circonstances, être une source d’inspiration. Avec un peu d’imagination, et à la manière des formes reconnues dans les nuages, certains moulons du capitoulat de Saint-Étienne évoquent des animaux totémiques, plus ou moins prestigieux… Je vous propose donc pêle-mêle le cachalot, la tête d’oiseau, le hérisson, et mon préféré : l’ éléphant (qui non seulement en impose, mais a également une bonne mémoire ☺). À votre tour maintenant de choisir le vôtre !
10 octobre 1975. Gros plan, au travers des marches d'un escalier, de la chanteuse soprano, Mady Mesplé. Cliché pris lors d'un récital dans la librairie Pierre Privat. Photographie N&B. André Cros - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 53Fi2759 (détail).

Le chant des sirènes


juillet-août 2022

Aux Archives, chaque premier mercredi du mois, à midi pile ou presque, posés sur notre chaise à défaut d’être attachés au mât de misaine, nous profitons tout comme Ulysse du chant mélodieux de la sirène SAIP (système d’alerte et d’informations aux populations). Il faut dire que non seulement l’acoustique y est très bonne, mais le fait que le dispositif soit directement installé sur le toit du bâtiment ajoute encore à la netteté du signal…

Pour autant, ce n’est pas la seule mélodie que l’on puisse y écouter : saviez-vous par exemple que le maire de Toulouse Louis Bazerque avait enregistré une version de La Toulousaine de Louis Deffès en 1965 ? Que nous en conservions un exemplaire ? Et qu’il avait également « commis » un autre disque, six ans plus tard ? Peut-être pas… car il n’est pas donné à toutes les communes d’avoir des maires radiodiffusés. Et dans ce domaine, notre ville est même allée encore plus loin, avec un maire télégénique...

Enfin bref, il n’y a pas que le chant traditionnel ou le discours politique qui puissent résonner en nos murs : la musique classique et le chant lyrique figurent aussi dans nos fonds, comme ceux de Marguerite Canal ou de Mady Mesplé, parfois même enregistrés pour la postérité.

Et quant à ceux qui préfèrent les Rita Mitsouko (et il y en a), si les documents que nous conservons ne peuvent les aider à assouvir leur passion, ils pourront néanmoins se consoler en se rappelant que, grâce au festival Faites de l’image, Marcia Baïla a enchanté pendant deux jours le quotidien du tranquille Neptune… jusqu’à user la glotte des gentils guides postés tout près.

Banque régionale d'Escompte et de Crédit (BREC) à Blagnac, le 8 octobre 1971. Vue d'ensemble des agents de la banque expliquant aux gendarmes le déroulement du braquage survenu plus tôt. Photographie N&B, 6 × 6 cm. André Cros - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 53Fi1107 (détail).

Prêt sur gages


juin 2022

Comme vous le savez déjà, aux Archives on n’emprunte pas, on consulte sur place. C’est encore la meilleure façon de permettre à tous d’accéder à « nos » documents, tout en les préservant le mieux possible. Mais il existe tout de même quelques exceptions… limitées, particulièrement encadrées et appuyées par de solides garanties : les prêts pour restauration, numérisation ou exposition.

Dans les deux premiers cas, les documents sont confiés à une entreprise qui procède à leur enlèvement dans le cadre d’un contrat dûment notifié, et assorti de pénalités (échelonnées et majorées) en cas de retard, défaut de manipulation ou de conditionnement, détérioration ou même destruction. Bien sûr, un document d’archives, unique et irremplaçable, ne se résume pas à une valeur d’assurance. Mais la balance bénéfices/risques reste positive : l’entreprise en question a tout intérêt à prendre grand soin de « nos » documents pour reconduire des marchés arrivés à échéance, convaincre de nouveaux clients, bénéficier d’une bonne réputation dans un milieu assez « feutré » ; et de l’autre côté, une fois restaurés et/ou numérisés, « nos » documents sont désormais prêts à affronter les prochaines décennies (voire les prochains siècles) avec sérénité (et nous avec). Un partenariat gagnant-gagnant.

Le prêt pour exposition relève quant à lui d’une toute autre catégorie : il fait voyager les documents pour les présenter à un public plus large que celui des Archives de Toulouse, et par la même occasion, faire rayonner l’institution un peu plus haut, un peu plus fort. Parfois, ce n’est pas (géographiquement) beaucoup plus loin : nous prêtons en effet régulièrement des documents à la Bibliothèque d’étude et du patrimoine, comme lors de l’exposition Émile Cartailhac (1845-1921). La vie toulousaine d’un illustre préhistorien. Parfois, le dépaysement est beaucoup plus complet, comme lors de l’exposition La renaissance européenne d’Antoine de Lonhy présentée au Palazzo Madama à Turin l’année dernière. Mais dans tous les cas, les conditions de transport, d’installation, d’exposition à la lumière et d’hygrométrie sont strictement définies dans un contrat spécifique, là encore assorti de contraintes financières non négligeables et offrant de solides garanties pour le prêteur. Car quand on prête, on ne le fait pas à la légère.

Rendez-vous donc en salle de lecture pour consulter « nos » documents qui ne sont pas prêtés, et sur nos réseaux sociaux pour suivre ceux qui ont été autorisés à s’échapper (temporairement) !

Banquet des bouchers-charcutiers, Grand Hôtel, mars 1954. Couple en train de danser, coiffé de chapeaux de cotillon. Photographie N&B, 11 × 17 cm. Émile Godefroy – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 19Fi1178 (détail).

Travailler du chapeau


mai 2022

Parfois, quand on a la chance d’exercer un métier qui nous plaît, il arrive qu’on laisse déborder un peu la vie professionnelle sur la vie personnelle : on trouve l’idée de notre article d’Arcanes sous la douche, avant de partir au bureau ; quand on visite en famille des lieux culturels incontournables, on se demande si on ne pourrait pas s’en inspirer pour notre propre service ; et quand on joue à des jeux de société entre amis, on ne peut s’empêcher de penser en créer une adaptation pédagogique pour les Journées du patrimoine. Bref, cela peut vite devenir une obsession… à l’instar du Chapelier fou.

Sachez toutefois que, pour ce qui est de « techniquement » travailler du chapeau, il existe des archives (ou plus exactement des objets) qui en témoignent sans le moindre doute : voyez le fonds 55Z, celui de la Chapellerie Brosson. Donné aux Archives de Toulouse en 2007, il comporte une dizaine de fers à repasser les chapeaux, d’outils en métal ou en bois destinés à en aplatir les bords, et d’autres encore servant à en modeler la forme. Ronds, melons ou claques, à vous de choisir !

Car porter un chapeau nous place au-dessus du lot. C’est un symbole de pouvoir. Le roi Louis XI est ainsi souvent représenté comme « l’homme au chapeau constellé de médailles pieuses », et le chapeau cardinalice de l’ancien archevêque de Toulouse, Mgr Saliège, est l’un des trésors du musée du Vieux-Toulouse. C’est aussi un signe de reconnaissance fort, au point de devenir véritable toponyme : bienvenue rue du Chapeau-Rouge ! C’est enfin un synonyme d’élégance, parfois galvaudé mais jamais égalé.
Alors, portons fièrement nos couvre-chefs car, c’est bien connu, tout est plus beau avec un chapeau !

Archives municipales de Toulouse, 26 mai 2016. Reportage sur la vie des Archives, réalisé pour la journée internationale des archives 2016. Stéphanie Renard - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 4Num12/185.

Mordre la poussière


avril 2022
La poussière, aux Archives, beaucoup pensent que cela nous connaît : forcément, quand on s’occupe de vieux papiers, dans les caves ou les greniers, qu’on porte une blouse ou qu’on manipule une table aspirante, on en deviendrait presque des spécialistes… Ce n’est pas entièrement faux.
Il y a pourtant d’autres facettes au métier d’archiviste : les rencontres, le travail d’équipe, l’engagement, l’évolution constante des pratiques qui oblige à toujours rester à la page. Et c’est un défi inspirant (attention tout de même aux pollens et acariens) que de se lever chaque matin en se disant : « aujourd’hui, je vais me rendre utile en participant à la préservation de la mémoire individuelle et collective des générations futures » ; c’est même un programme ambitieux, finalement assez loin des clichés traditionnels qui ont toujours la vie dure.
Il est donc grand temps de balayer devant notre porte, sans rien oublier sous le tapis. Et si vous souhaitez vous aussi tordre le cou aux idées reçues, engagez-vous : rejoignez-nous !
Fête de l’école Michelet, à la Halle-aux-Grains, le 26 juin 1955. Photographie N&B. Émile Godefroy. - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 19Fi1810 (détail).

« On ne laisse pas Arcanes dans un coin... »


mars 2022

Les fans inconditionnels de Danse lascive (version québécoise) auront certainement reconnu le clin d’œil caché dans le titre de cet article… mais pour les autres, rassurez-vous : c’est bien d’Arcanes dont nous allons parler et non de critique chorégraphico-cinématographique. Cela étant dit, savez-vous ce que devient votre lettre d’information préférée une fois le mois terminé (si vous l’ignorez, vous n’irez pas au coin, promis) ?

Eh bien sachez qu’elle ne disparaît pas, auto-détruite comme la bande magnétique d’une célèbre série américaine… Non, les différents articles qui la composent se recyclent, se rangent et se retrouvent dans les pages de notre site internet : ils sont accessibles, du plus récent au plus ancien, regroupés au sein des rubriques auxquelles ils appartiennent (Dans les arcanes, Zoom, Dans les fonds, Les coulisses, Dans ma rue, Sous les pavés, En ligne). Vous pouvez donc les relire à votre guise pour v(n)otre plus grand plaisir et flâner en ligne au gré des différentes thématiques déjà abordées. Cela vous en bouche un coin, non ?

De plus, depuis quelques semaines, nous tentons de lui donner une seconde vie : elle qui avait été conçue comme une lettre exclusivement électronique, voilà que nous la mettons à disposition, dans notre salle de lecture, en version papier ! Si, je vous assure, pour être feuilletée nonchalamment en attendant la communication d’un document, ou emportée pour être lue plus tard, confortablement installé dans un recoin paisible.
Vous savez désormais que le nouveau numéro d’Arcanes est disponible, et sous plusieurs formes : alors, à vous de choisir comment le savourer !

Ancien dépôt de papier de La Dépêche, avenue Émile-Dewoitine.1924-1938. Vue intérieure générale du grand hangar servant d'entrepôt à papier ; au dos, mention manuscrite : "debout sur les bobines : Ouret, service technique ; assis : Coutet, secrét. de la rédaction". Photographie N&B, 13 × 18 cm. Louis Albinet – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 1Fi10627 (détail).

La chambre des secrets


février 2022
Être archiviste, c'est souvent devoir choisir entre deux obligations : mettre les informations conservées à disposition de tous ceux qui en font la demande (car c'est surtout pour cela qu'on s'en occupe si bien), tout en protégeant pour le temps nécessaire les secrets individuels ou collectifs qui peuvent bien s'y trouver. Et ce n'est pas de tout repos. Rappelez-vous une certaine pièce, qu'on ne trouve qu'avec une certaine carte, dans une certaine école de magie… Voilà, vous y êtes. Ce n'est que lorsque toutes les conditions (de délai, de contexte et/ou de légitimité) sont réunies, que la communication de ces secrets devient possible. Et les archivistes, garants de cette protection nécessaire, sont donc les gardiens des secrets des autres.

Peut-on pour autant parler d'agents (secrets) des Archives ? Non, ce serait un peu présomptueux. Mais il y a parfois des raccourcis faciles qui prêtent à confusion, comme cette fois où le secrétaire de rédaction de La Dépêche, assis sur une bobine de papier, a bien malgré lui été abrégé par le « bureau des légendes » photographiques…
Sachez en tout cas que notre base de données, elle, vous est complètement accessible ; et si les documents qu'elle décrit ne le sont pas, c'est dans la rubrique Communicable en que vous le découvrirez.
Circuit Daniel-Pescheur, 28 Chemin de la Saudrune. Années 1980. Reportage suivant Dominique Baudis testant le circuit à l'arrière d'une moto pilotée par Daniel Pescheur, officier CRS de la Police Nationale et responsable du circuit. Tirage N&B de 12,8 × 17,9 cm. Pôle image de la direction de la communication - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 15Fi11099 (détail).

Sur deux-roues… en ligne droite et dans les virages


janvier 2022
À l’heure où, comme tous les ans, le « Dakar » fait rêver les amateurs de vitesse et de grands espaces, il est bon de rappeler que Toulouse et la moto, c’est une longue histoire… Ce n’est certes ni Le Mans ni Monaco. Mais saviez-vous qu’en octobre 1924 était organisée, par l’automobile club de Toulouse et des Pyrénées, la course de côte de Griffoulet, autour de l’actuelle avenue Jean-Chaubet,qui acceptait aussi les coureurs motocyclistes ? Et connaissiez-vous le club Toulouse Moto Sport, dont faisait partie le pilote Robert Aguirre, et dont les réunions annuelles ne connaissaient, du moins en 1953, ni distanciation sociale, ni gestes barrières ? Peut-être pas.

Ce que vous connaissez par contre certainement, c’est le circuit de Candie, également appelé circuit Daniel-Pescheur, du nom du policier membre des CRS qui effectua le tracé, participa à sa réalisation et géra les infrastructures jusqu'à sa retraite à la fin des années 1990. Dédié aux deux-roues motorisées et destiné à endiguer la montée des rodéos sauvages dans la région toulousaine, il fut créé au début des années 1980 et bénéficia d’un soutien médiatique important, puisqu’ Yves Mourousi, à l’époque présentateur-vedette et « monsieur moto » de TF1, participa même au financement des locaux. À vocation pédagogique, puisqu’il vise à sensibiliser à la sécurité routière les usagers desdits deux-roues, il met à leur disposition, librement et gratuitement, différentes pistes (vitesse, cross, trial, super-motard et éducation routière) qui répondent aux normes en vigueur et leur permettent de s’exercer en toute sécurité.
Jean Dieuzaide, 1952. André Cros - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 84Fi_nc_JD129bis (détail).

Z


décembre 2021
En plus d'être la signature d'un célèbre justicier masqué et moustachu, c'est aussi le nom d'un infâme personnage ou du sombre héros d'un film de science-fiction… Pourtant, si cet article s'intitule ainsi, c'est parce qu'il est le dernier de notre lettre d'informations, rien de plus. Alors rassurez-vous, comme d'habitude, vous y trouverez quelques liens pour mieux explorer nos fonds, et peut-être aussi un prétexte pour vous divertir.

Intéressons-nous donc à l'homme du mois : Jean Dieuzaide (1921-2003 ; un nom gersois cette fois-ci !), à qui nous rendons hommage en cette fin d'année à travers une grande exposition rétrospective.

Inlassable photographe, il a laissé une œuvre et une production exceptionnelles. La plus grande partie de son fonds photographique, entrée dans les collections toulousaines en 2016 par donation, est conservée aux Archives municipales et peu à peu mise en ligne pour être rendue accessible à tous. Riche de près de 500 000 documents, elle fait l'objet d'une description rigoureuse et méthodique, afin de vous proposer un outil de recherche efficace et précis.

Par ailleurs, une campagne de collecte de témoignages vidéos de ses proches collaborateurs a pu être réalisée en 2017, qui nous permet aujourd'hui de mieux comprendre comment il travaillait et comment fonctionnait son atelier. Notre bibliothèque renferme également de nombreux ouvrages écrits ou illustrés par cet « artisan de l'image », dont l'œuvre foisonnante a fait l'objet d'un documentaire réalisé par Anne Thillet en 2019.

Et si vous souhaitez en savoir plus, je ne peux désormais plus que vous inviter à visiter l'exposition et consulter le catalogue « Jean Dieuzaide : 60 ans de photographie » !
Boulevard de Marengo, avant 1973. Vue aérienne de l'îlot situé entre les anciennes rue de l'École vétérinaire et place Marengo, avec le dessin d'une flèche indiquant le projet pour le prolongement des allées Jean-Jaurès. Photographie N&B, 18 × 24 cm. Pôle Image de la direction de la Communication - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 16Fi40/5 (détail).

Géométrie des quartiers : l'axe Marengo-Jolimont-La Colonne


novembre 2021
Cette année, les Archives ont entrepris de conserver la mémoire des quartiers de Toulouse en organisant des campagnes de collecte de témoignages filmés : ainsi, certains habitants ont bien voulu nous raconter leur histoire, leurs souvenirs, leur perception de l'endroit où ils vivent, avec ses avantages, ses points remarquables et ses spécificités. Et c'est au quartier Marengo qu'est revenu l'honneur d'ouvrir le bal : cinq témoins ont répondu à l'appel et nous invitent (désormais en ligne) à découvrir leur quartier.

Stratégique, car tout près de la gare, c'est un lieu de rencontres et de savoirs, car si l'ancienne école vétérinaire (reconstituée à la demande des Archives) n'existe plus, s'élève à sa place aujourd'hui la plus grande médiathèque de l'agglomération. On y trouve également le cimetière le plus connu de Toulouse ainsi que l'observatoire de Jolimont, devenu jardin public mais toujours siège de plusieurs associations de vulgarisation scientifique. Dynamique, grâce à l'association de quartier et au club senior, il apparaît au regard des différents témoignages comme un quartier où il fait bon vivre.
Alors (re)découvrez-le à votre tour et profitez-en pour prendre de la hauteur...
[Odette Cheippe allongée sur les dunes]. Royan (Charente-Maritime). 1916-1928. Négatif N&B sur verre, photographie stéréo, 10,5 × 4,5 cm. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 73Fi174 (détail).

La reine du bac à sable


octobre 2021

Il était une fois une petite fille qui aimait l’histoire. En grandissant, elle s’aperçut, à sa grande stupéfaction, que sa passion n’était pas universellement partagée et que l’enseigner ne serait donc pas son métier. Car elle était curieuse et, il faut l’avouer, obstinée, mais elle manquait de patience. Elle décida donc que quand elle serait grande, elle serait archiviste.

Ce qu’elle fit. Elle classa des fonds, elle décrivit des documents, elle les communiqua au public et fit en sorte qu’ils soient protégés le mieux possible. Elle expliqua aussi en quoi consistait son métier à celles et ceux qui le lui demandaient. Et puis un jour, elle bascula du côté obscur…

Ce qui la motivait profondément, c’était de faire le lien entre sa communauté, très spécialisée et parfois méconnue, et ceux pour lesquels cette même communauté œuvrait au quotidien : le public. Et pour ce faire, elle essaya d’améliorer les outils dont elle disposait afin de faciliter la consultation des ressources proposées en ligne, pour tous. C’est ainsi qu’elle se construisit un « bac à sable ».

Ce fut l’espace dans lequel elle testa ses idées (ou celles des autres), fabriqua des prototypes, rencontra quelques échecs mais aussi quelques belles réussites. Cela lui permit d’apprendre beaucoup, sans que ses erreurs impactent le travail de ses collègues. Une salle d’entraînement sur mesure, qui lui garantissait à la fois une grande liberté et un filet de sécurité.

Aujourd’hui encore, elle hante régulièrement ce lieu virtuel, dans lequel elle échafaude des projets toujours plus complexes. S’arrêtera-t-elle un jour ? Nous ne le saurons certainement jamais… mais nous espérons au moins que son travail aura facilité votre navigation.

La Belle Paule, peinte par Henri Rachou en 1892. Hôtel de ville dit Capitole : salle des illustres, 2016. Photographie couleur numérique, 4912 × 7360 px. Stéphanie Renard - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 4Num9/6 (détail).

La Belle Paule et la Belle Poule


septembre 2021

Ou comment trouver le lien entre une maternité toulousaine et une goélette brestoise...

Ce qui, au premier abord, ne semble pas évident, je vous l'accorde.
Ni mission commune : rien de plus éloigné en effet que la mise au monde des enfants et la pêche à la morue paimpolaise ; ni construction commune : l'architecte Pierre Riboulet (né en 1928) n'avait pas quatre ans au moment de la mise à l'eau par les Chantiers navals de Normandie à Fécamp du glorieux bâtiment-école de la Marine nationale ; il était donc encore très loin de songer au futur hôpital de la mère et de l'enfant du CHU de Purpan, qu'il achèverait en 2001.

Alors ? La « faute » en revient à la belle Paule de Viguier.

C'est François 1er, en visite à Toulouse en 1533, qui, après avoir reçu les clefs de la ville de ses mains et charmé par sa grâce, donna à la jeune fille le nom de « la Belle Paule » (en occitan Bella Paula, prononcé Bella Paoula). D'ailleurs, sa beauté impressionna tant les Toulousains qu'ils obtinrent des Capitouls qu'elle se montre à sa fenêtre deux fois par semaine. Une scène que le peintre Henri Rachou immortalisa en 1892 dans la Salle des Illustres du Capitole…

La goélette ''Belle-Poule'' de la Marine nationale française. 2006. Photographie couleur numérique, 480 × 324 px, de Ludovic Peron, CC BY-SA 2.5 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.5>, via Wikimedia Commons.
Il faut dire que la dame faisait tant rêver qu'un corsaire bordelais désireux d'emporter son
image sur les flots, lui dédia son navire quelques dizaines d'années plus tard. Et il fit des émules : le nom de la Belle Paule, devenue la Belle Poule, fut ainsi repris et successivement donné à trois frégates (dont la dernière rapporta de Sainte-Hélène les cendres de Napoléon 1er), et à la goélette que l'on connaît aujourd'hui. Sacrée postérité !
 
Quand au lien que l'on évoquait précédemment, la vie nous offre parfois de drôles de surprises : mes enfants sont en effet nés dans cette maternité, près de cinquante ans après que leur grand-père ait navigué sur la fameuse goélette… Jolie coïncidence.
Salle Jean Mermoz, le 20 octobre 1965. Vue du public de la salle Jean Mermoz, lors d'un meeting de François Mitterrand. Négatif N&B, 6 × 6 cm. André Cros - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 53Fi3722 (détail).

Pour toi, public


juillet-août 2021
Alors levons dès maintenant un doute qui ne saurait subsister plus longtemps : même si le titre de mon billet fait référence à un humoriste normand adepte de l’hôtellerie de plein air, il ne sera pas question ici de serviette de bain, de température de l’eau ou de nus-pieds colorés. Non, même à l’approche des « grandes vacances », nous gardons le cap et travaillons toujours à améliorer votre expérience des Archives, sur place mais aussi en ligne.

Dans le premier cas, les choses sont en train de s’améliorer rapidement : la prise de rendez-vous n’est plus nécessaire pour venir consulter les documents en salle de lecture et le nombre de places n’est plus limité. Alors n’hésitez pas à passer nous voir : bien que fermés pour travaux du 15 juillet au 6 août, nous vous accueillerons le reste de l’été avec grand plaisir et serons à votre disposition pour vous aider dans vos recherches.

Dans le second cas, l’évolution est un peu plus lente, il faut en convenir, mais elle se poursuit néanmoins. Nous nous efforçons de faciliter l’accès à nos ressources papier ou numériques, au moyen d’interfaces les plus adaptées possible. Et notre dernière réalisation en date concerne le fonds ancien de notre bibliothèque, la Réserve des livres rares et précieux. Grâce à une fructueuse collaboration avec une catalogueuse spécialisée, que nous saluons chaleureusement au passage, nous sommes désormais en mesure de vous proposer différentes façons de consulter cette collection remarquable, mais trop souvent méconnue de nos lecteurs. Profitez donc de la pause estivale pour la découvrir par vous-même… : vous y trouverez certainement de quoi satisfaire votre curiosité !
Halle aux grains, 1 place Dupuy. 15 janvier 1981. Vues de Michel Plasson dirigeant l'orchestre du Capitole lors d'une répétition de « La Vestale », - opéra en trois actes de Gaspare Spontini sur un livret d'Étienne de Jouy -, à la Halle aux grains. Pôle image de la direction de la Communication - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 15Fi4804, clichés n° 1, 5 et 6 (détails).

Pupitre et baguette : musique, Maestro !


juin 2021
Il paraît que la musique adoucit les mœurs. Je ne suis pas certaine que cela marche à chaque fois… mais les goûts et les couleurs, comme on dit, ça ne se discute pas... et cela s'avoue encore moins en public. Alors, installez-vous confortablement et laissez-vous porter par ces quelques notes.

Pour commencer, trouve-t-on de la musique aux Archives ? Oui, incontestablement, mais peut-être pas sous la forme à laquelle on s'y attendrait : on y trouve des captations et des disques vinyles, des partitions et des dessins de costumes, des photographies de répétitions ou de soirs de spectacle, le tout mené à la baquette et de main de maître. On y trouve également des registres du Conservatoire et des titres de périodiques dédiés aux musiciens, parfois même des archivistes fredonnant...

Peux-t-on aussi y écouter de la musique ? Car la regarder, c'est bien joli, mais cela ne suffit pas. C'est là que cela devient plus compliqué… et que vient poindre la fausse note : un box de la salle de lecture est réservé à l'écoute et à la lecture de supports audio-vidéos. Malheureusement, nous ne disposons pas de tout le matériel nécessaire à la consultation de tous les formats que nous conservons. Nous essayons, bien sûr, de trouver des solutions de substitution, en utilisant notamment la numérisation, mais il reste encore des enregistrements que nous ne pouvons pas communiquer au public.

Vous êtes néanmoins les bienvenus pour approfondir autrement vos connaissances musicales. Les archives personnelles et la correspondance de Marguerite Canal, musicienne, compositrice et cheffe d'orchestre toulousaine, sont par exemple une source complémentaire particulièrement intéressante.

Alors, terminons sur une note joyeuse et souhaitons-nous de garder le tempo pour le mois prochain !
Groupe de gens faisant la fête sur la plage. Début du 20e siècle. Négatif N&B sur verre, 9 × 12 cm. Raoul Berthelé - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 49Fi1581 (détail).

L’heure de la ribouldingue a sonné


mai 2021
Bon, alors, maintenant, fini les blagues.
Le joli mois de mai est bien avancé, l’étape 2 du déconfinement est désormais franchie : c’est l’heure où les terrasses et les musées reprennent vie…
Autrement dit, la bamboche n’attend plus que nous (ou presque) !
Et s’il est venu le temps de faire bombance, il est aussi celui de retourner danser : dans les surprise-parties, bals populaires ou costumés, le masque (chirurgical) sera, cette année encore, du plus bel effet…
Attention cependant à ne pas nous faire marcher sur les pieds (nickelés).
Alors, en avant la musique et sortons faire la fête !
Avec les beaux jours et les ponts qui s’annoncent, guinguettes et cabarets se sont mis sur leur 31, expositions et jardins nous ouvrent leurs bras, et le canotier n’a jamais été aussi « tendance »…

Profitons donc du grand air, des balades, des amis… bref, de la (vraie) vie !

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 Note : Ribouldingue, subst. fém.. : Pop. Partie de plaisir. Synon. fam. ou pop. : bombe, bringue, java, noce, nouba.
Cabinet du Maire, Hôtel de Ville du Capitole, place du Capitole. 18 février 1936. Agents municipaux - un homme et une femme - photographiés de trois-quart, assis à leurs bureaux sur lesquels sont posés des dossiers, tampon encreur et machine à écrire ; sur le mur, au-dessus d'eux, un calendrier indique la date. Marius Bergé - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 85Fi1921 (détail).

Estampilles, filigranes et autres marques


avril 2021
Outre le tampon-encreur, cet instrument souvent bruyant, parfois fuyant (que celui qui ne s’est jamais tâché les doigts me jette la première pierre), trônant au milieu des secrétariats afin d’enregistrer pour la postérité l’arrivée du courrier, il existe bien d’autres façon de « marquer » un document.

Dans les fonds patrimoniaux des bibliothèques et les fonds anciens des archives, il n’est pas rare de trouver des filigranes sur le papier utilisé ou des marques d’imprimeurs, qui permettent d’identifier l’origine et la provenance d’un ouvrage. De la même façon, certaines marques de maçons ou de charpentiers, enregistrées sur des contrats passés devant notaire, devaient permettre d’identifier, faute de signatures, les architectes de telle ou telle construction. Quant aux estampilles apposées sur les documents inventoriés (il est d’ailleurs heureux que peu d’entre eux échappent à l’ estampillage), elles témoignent sans ambiguïté de la propriété (ou de l’historique de propriété) des documents concernés.
Toutes ces marques, destinées à faciliter la reconnaissance des documents, font souvent l’objet de bases de données, qui permettent alors de procéder à des comparaisons dans les collections locales ou nationales.
En voici quelques exemples :

• « Filigranes » : constituée à partir de l'étude systématique des papiers utilisés à Toulouse au XIVe siècle, elle est alimentée à partir de nos fonds anciens ainsi que des fonds de notaires conservés aux Archives départementales de la Haute-Garonne ;

• « Batyr » - Base de TYpographie de la Renaissance : élaborée depuis 2008, et toujours en développement, elle réunit des données photographiques relatives aux matériels employés dans les ateliers d’imprimeurs à la Renaissance, et traite aussi bien des ornements gravés que des ornements de fonte et des polices de caractères ;

• « Estampilles et pontuseaux » : il ne s’agit pas, à proprement parler, d’une base de données mais d’un carnet de recherche consacré aux fonds anciens des bibliothèques universitaires de Toulouse, dans lequel on retrouve notamment une petite collection d’estampilles répertoriées.

Et tous ces outils, loin d’être anecdotiques, sont bien utiles quand il faut reconstituer le parcours d’un document, d’autant plus lorsque c’est un exemplaire unique ou, à tout le moins, particulier. Soyez donc attentifs la prochaine fois que vous viendrez consulter un document en salle de lecture : il se pourrait bien qu’il y ait plus à découvrir que ce qui y est simplement écrit (ou imprimé)...