Si le mois de mai est parfois célébré pour ses jours fériés, ses week-ends prolongés et autres ponts, il est aussi l’occasion de commémorer la création d’une autre forme de « pont » qui a permis de relier la mer Méditerranée à l’océan Atlantique. Le 15 mai 1681 était effectué la première mise en eau complète et le voyage inaugural du Canal des Deux-Mers. Un convoi de 25 barques partait de Toulouse, relié à l’océan par la Garonne via l’écluse du port de l’Embouchure, pour rejoindre Sète.
Aboutissement d’un chantier pharaonique qui dura près de vingt ans, il entraina la création d’un ensemble d’ouvrages d’art et d’ingénierie exceptionnels : l’écluse de Fonseranes, le barrage de Saint-Ferréol ou le pont-canal de l’Orb. A ce titre, le Canal est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1996, et nous célébrons cette année les 30 ans de cette labellisation. A Toulouse, nombre de ces édifices jalonnant le Canal ont donné leur nom à des quartiers : les Ponts-Jumeaux, l’Embouchure, le pont des Demoiselles.
Quel joggeur, cycliste ou promeneur qui sillonne aujourd’hui les anciens chemins de halage peut se représenter la vie des bateliers qui ont fait vivre le Canal ? Même les plaisanciers qui empruntent aujourd’hui cette voie auraient du mal à le faire. Imaginez-vous charger, convoyer et décharger plus de 100 tonnes de futs d’arsenic depuis Marseille jusqu’à Bordeaux, tout en vivant à bord avec votre famille. Mais cela pouvait être aussi bien des céréales, du vin, du pétrole, de la pyrite, de la pâte à papier, du ciment, etc. Cette vie de nomade des canaux est chère aux « gens d’eau » qui, même s’ils ont toujours un port d’attache, ont la liberté chevillée au corps. Et il en sera justement question à travers l’exposition que nous allons consacrer à « L’âge d’or des mariniers du Canal », qui sera présentée parvis de la gare Matabiau, à proximité immédiate de l’écluse Bayard, à partir d’octobre prochain.