Je me souviens parfaitement de ma rentrée en sixième au collège. Par essence, une rentrée est toujours un peu déprimante, mais cette année-là nous étions au fond du trou. Deux mois auparavant nous nous pavanions, tels des rois du primaire, et voici qu’un brusque changement de régime venait de s’opérer nous rétrogradant au statut de vulgaires manants moqués par les garçons et toisés par les filles. L’année s’annonçait difficile, mais riche en rencontres et rebondissements.
En ce sens, elle est assez proche de la rentrée des Archives, où nous vous accueillerons à l’occasion des Journées Européennes du Patrimoine, les 19 et 20 septembre prochains. Elles seront placées sous le signe des célébrations du bicentenaire de la photographie qui s’ouvrent ce mois-ci et, à cette occasion, nous vous proposerons des visites commentées du bâtiment, une exposition et pas moins de six ateliers, dont un à destination des enfants, à peine remis de leur retour en classe.
Pour les capitouls, ancêtres des conseillers municipaux, la date de la rentrée se situait plutôt les 25 et 26 novembre, dates auxquelles, chaque année, ils étaient proposés, élus et installés. Le corps des votants étant constitué de… trente individus – on est plus proche d’une élection de délégué de classe – eux-mêmes choisis par des magistrats royaux, quand ils n’étaient pas simplement électeurs-nés. Pour la démocratie, on repassera. Mais cette république municipale a néanmoins tenté, au fil des siècles, de s’émanciper des tutelles seigneuriale et royale, parfois avec succès. Le colloque « La ville manuscrite, quand les capitouls racontaient Toulouse » qui se déroulera salle du Sénéchal, les 22 et 23 septembre prochains, vous en dira plus si vous êtes intéressés.