PAS


janvier 2021

DANS LES ARCANES DE


Moutons marchant sur une passerelle à structure métallique, à localiser, 1955. Jean Ribière – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 41Fi94.

À pas de loups


janvier 2021

Ombres furtives et masquées regagnant leurs pénates avant les 18 h fatidiques ? Comme des moutons, sans savoir vers quelle aventure nos pas irréfléchis nous portent ? Battant la mesure, au pas de course, façon catwalk, mine haute, menton fier et regard déterminé ? Y a-t-il une façon d'entrer dans une nouvelle année ? Le cours des événements, les virus, les pulsions humaines sont-ils sensibles au renouvellement calendaire ? Pourquoi, tout à coup, un chiffre changerait tout ? Pourquoi 2021 serait un « meilleur » millésime que 2020 ? Et surtout, en quoi ? Par exemple, les brebis passeront-elles un meilleur été ? Le ciel – ou tout autre objet insolite – nous tombera-t-il sur la tête ? Aurons-nous l'occasion d'aller explorer les confins toulousains ?

Trop de questions.

Non, vraiment, la seule à se poser est celle des souliers à porter pour rester stables, au chaud, confortables, protégés contre les roulettes des chariots, parés pour avaler les kilomètres de couloirs. Aux Archives, on avance, on marche, on arpente, on circule. Le bâtiment est grand (venez-donc aux Journées du Patrimoine, en septembre), les déplacements y sont fréquents et la manutention régulière. Cette année encore, le volume de documents conservés va croître, les descriptions donneront lieu à des recherches passionnantes, et la base de données s'enrichira de plusieurs milliers d'images et de notices. De belles découvertes en perspective.

Bonne année !

ZOOM SUR


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Spectacle de danse au Théâtre du Capitole, 1965. Fonds André Cros – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 53Fi5095

Envol


janvier 2021
Les douze coups de minuit passés, nous nous sommes engouffrés dans une nouvelle année. Tels des danseurs, nous avons pris un envol, pleins d’espoirs, vers un futur pour le moins incertain. Corps planants quelques temps dans les courants descendants du couvre-feu, virevoltes acrobatiques entre l’ouverture de la salle de lecture et le télétravail des équipes... quand pourrons-nous retomber sur nos pieds ?
Et même, en tant qu’individus, quels choix ferons-nous, quelle direction donner à nos pas, à nos résolutions, à nos désirs ? Si vous êtes perdues, si vous souhaitez trouver des réponses aux questions les plus épineuses de votre vie de chercheuse, de toulousaine ou de curieuse (déclinez au masculin si besoin), rendez-vous sur notre base de données au chapitre « Images » et explorez-donc ! Plusieurs modes de recherche permettent d’affiner les résultats, en sélectionnant un fonds spécifique par exemple, ou via l’accès typologique et thématique. Libre à vous de vous y lancer à corps perdu, telle cette danseuse lors d’un gala au théâtre du Capitole. D’ailleurs, pour voir qui était convié à cette représentation, il suffit d’utiliser le mode avancé, de renseigner « gala » dans le champ titre et « Cros » dans celui de l’auteur, puis de visualiser les vignettes.

DANS LES FONDS DE


Les capitouls de 1452-1453 recevant l'Esprit Saint d'une colombe céleste qui les surplombe. Mairie de Toulouse, Archives municipales, BB273, feuillet 12 recto, chronique n° 141 (détail).

Patatras !


janvier 2021

Tant pis pour les prédictions de nos ancêtres les Gaulois : le ciel ne nous est finalement jamais tombé sur la tête – pour le moment. Depuis cette formidable météorite qui aurait éradiqué les dinosaures, depuis l'Esprit-Saint venu des hauteurs célestes et, plus tard encore, lorsque Cyrano prétendit avoir chuté « comme une bombe » depuis la Lune, les êtres et objets tombés et venus du ciel ne manquent pas.
Ils donnent lieu à toutes les interprétations possibles de la part de ceux qui veulent y trouver un sens, ou des plus grands dols envers ceux qui en subissent les conséquences directes.
Tenez, pas plus tard qu'en 1728, rue de la Maison Professe, Jeanne-Marie Dupuy est frappée de plein fouet par la chute d'un objet non identifié qui la terrasse presque et la renverse au sol. Tout compte fait, l'objet est vite identifié : il ne s'agit que d'un chien dont on a cherché à se débarrasser en le projetant depuis l'étage d'une maison voisine. Jeanne-Marie en est quitte pour une clavicule cassée – quant au sort du malheureux chien volant, personne n'en souffle mot. En revanche, nous sommes certains du devenir de celui de la petite chienne caniche noire de Bertrand Barbelane. De nombreux témoins l'ont vue projetée « en l'air […], laquelle tomba dans la rue et s'écraza ». Les habitants du quartier du Salin ont bien vu la nommée Jeanneton lancer la bête depuis le troisième étage, mais rien n'y fait, elle aura le culot de tout nier lors de son interrogatoire.
Avec de tels exemples, la tentation est grande de voir une origine toulousaine à l'expression anglaise It is raining cats and dogs... "Very unpleasant weather", par George Cruikshank. Gravure colorisée, 1820. National Gallery of Art, Washington, inv. n° 2013.170.7


Les voies du ciel sont décidément impénétrables. Il est indéniable que, dans sa grande malice, l'esprit céleste peut faire tomber les objets les plus divers : un cruchon, un mascot1, une balle de foin, des fagots de sarments, une armoire et même quatre citrouilles ont été aperçus venant des astres (ou des étages) dans Toulouse au 18e siècle.
À l'évidence, ce qui tombe du ciel peut aussi tuer. Marie Mouchan venue en ville depuis Aussonne est la dernière victime recensée2. Elle en a la tête en compote, « écrazée dans une comporte » et l'on met en cause cette pièce de bois « d'environ cinq pans de long sur environ un pam d'épaisseur » tombée du haut de la maison du traiteur Champaigne. Comme elle, c'est au quartier des Changes qu'Antoinette Dalet est victime de la chute d'un mortel chevron qui lui brise le crâne en 1777. Notons encore cet enfant aplati en 1785 par une fatale chute de bois à Tounis.
Quant à ceux qui font le grand saut eux-mêmes, volontairement ou pas, citons Elizabeth qui tombe à la renverse en 1727 et Jeanne qui s'envoie en l'air une dernière fois en 1731 de façon inexplicable puisqu'un témoin la voit un instant auparavant, « quy se chassoit les pusses au galetas de la maison ». Le cas d'Étienne Sabin est un peu différent : c'est probablement dans son sommeil (en se grattant les puces ?) qu'il roule sur la paille et dégringole depuis la rochelle jusqu'au sol de la grange où il avait élu domicile le 30 décembre 1750. Patatras, et l'histoire s'arrête là pour lui.

Alors, nous ne saurions trop vous recommander, avant de jeter votre sapin usagé par la fenêtre (si vous logez dans des étages supérieurs), de regarder s'il n'y a pas un quidam dans la rue et de crier Gare ! au préalable afin qu'il ait le temps de se ranger.
Mieux encore, c'est d'aller déposer votre sapin dans un des 57 points de collecte de la Mairie. Il y en a certainement un, à un jet de pierre de chez vous.

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1 désigne en général un couteau de cuisine, un tranche-lard – et semble n'avoir aucune relation étymologique avec le massicot moderne breveté par Guillaume Massicot (Massiquot) en 1844.
2 dernière en date car la procédure ne mentionnait absolument pas son décès (et ne poursuivait donc que sur un simple cas d'excès), mais nous venons juste de le retrouver dans le registre des sépultures de l'Hôtel-Dieu à la date du 1er octobre 1765.

LES COULISSES


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Pas à pas


janvier 2021
 

Hier : 5346 pas, 3,7 km, 13 étages. Aujourd’hui : 3691 pas, 2,5 km, 12 étages. Aller chercher un permis de construire, c’est 400 pas aller-retour. Oublier de prendre avec soi la référence du dossier, ben... 400 pas de plus ! Et tant que les bras ne sont pas chargés, prendre l’escalier pour rester en forme !

L’histoire s’écrit pas à pas, et en bonne archiviste, j’arpente les kilomètres linéaires à petite foulée, bien loin d’exercer uniquement un métier de « bureau ».

De quoi tenir la distance jusqu’à la retraite, bon pied bon œil… ?!

 

 

DANS MA RUE


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IVC31555_20093101338NUCA : Immeuble de bureaux ouvrant sur la rue du Languedoc. Phot. Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Occitanie, 2009. IVC31555_20093101338NUCA

Et patati et patata…


janvier 2021

Cette onomatopée qui reproduit le son des bavardages qui grondent –  tel le bruit des sabots d'un cheval au trot –  illustre bien les discussions houleuses (allant jusqu'au jet de tomates !) qui se sont déroulées le 13 décembre 1964 lors de l'inauguration du nouveau marché des Carmes par le maire de la ville, Louis Bazerque.

La structure de fer et de verre, inaugurée en 1892, avait été démontée par les engins de chantier un an auparavant. Érigée d'après les plans de l'ingénieur Charles Cavé, la halle métallique présentait un plan octogonal. Surmontée d'un dôme central couvert d'ardoise et vitrée dans sa partie basse, l'ossature métallique se composait d'une charpente en fer et de colonnes en fonte. Quatre pavillons d'entrée monumentaux couronnés par des frontons et ornés par des éléments décoratifs en terre cuite (fleurs, cabochons, palmettes, feuilles d'acanthe, rinceaux, têtes d'animaux…) scandaient les différentes entrées de l'édifice.

26Fi573 : Vue d'ensemble du bâtiment prise depuis la rue du Languedoc. Reportage n° 17091. Phot. Jean Dieuzaide. Ville de Toulouse, Archives municipales, 26Fi573.
 

Fragilisé par un défaut d'entretien, l'édifice se dégradait peu à peu, engendrant parfois de graves incidents, comme en juin 1949 la chute sur le trottoir, d'une hauteur de 6 mètres, d'un chapiteau en fonte de plus de 50 kg.

Le nouvel édifice dessiné par l'architecte Georges Candilis occupe, quant à lui, presque entièrement la place et rassemble plusieurs fonctions : un marché au rez-de-chaussée et ses réserves en sous-sol, un parc de stationnement aérien et un immeuble de bureaux s'élevant sur la rue du Languedoc. Pour ce faire, l'architecte a associé un cylindre composé d'un plancher en béton s'enroulant sans interruption sur six révolutions et demie autour d'un noyau central creux et un parallélépipède de cinq étages dont la façade de verre a été rehaussée par un brise-soleil métallique au motif géométrique.

Une campagne de restauration effectuée en 1999 par les architectes Almudever et Lefebvre a permis le réaménagement des abords et des intérieurs de l'édifice. Le marché-parking des Carmes a été distingué pour la qualité de son architecture en 2016 en recevant le label « Architecture contemporaine remarquable ».

SOUS LES PAVÉS


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L'influence de Toulouse au Moyen Âge s'arrêtait au pied de ce mur. Château du Pas de Labarre en Ariège, photographie Marc Comelongue, Service de l'Inventaire patrimonial et de l'Archéologie de Toulouse Métropole.

Confins toulousains : un pas dans la barre


janvier 2021

Le pouvoir des comtes toulousains dépassait, au Moyen Âge, largement les limites de la cité elle-même. Vers le sud, il s'étendait jusqu'au point appelé Pas de Labarre. Ce lieu-dit désigne un défilé où la rivière Ariège se fraye un passage, le pas, à travers un chaînon montagneux, la barre, à quatre kilomètres au nord de la ville de Foix.

Au XIIIe siècle, Raymond VII, comte de Toulouse, a revendiqué par deux fois que le comte de Foix, Roger-Bernard III en 1229 puis Roger IV en 1241, était son vassal jusqu'à cette limite. Plus au sud, le pays de Foix restait indépendant, ou sous l'influence des royautés et comtés espagnols. Et en 1263, la royauté française, qui avait pris en main le Toulousain, ne franchissait pas non plus cette frontière.

Pour marquer un emplacement aussi stratégique, on ne s'étonnera pas de la présence d'un ancien château, dont on peut encore voir les ruines. Longtemps abandonné, ce site est en pleine renaissance. Une association œuvre depuis peu pour sa valorisation et un circuit de balade a été créé. Des sondages et prospections archéologiques, ainsi que des recherches en archives, sont aussi en cours pour tenter d'éclaircir un peu plus son histoire.

EN LIGNE


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Vue d'un couple esquissant un pas de danse sur la terrasse de la villa Claire, à Arcachon, sous le regard de la famille Pauilhac. 1908. Photographie N&B, sur verre, 8,5 x 10 cm. Famille Pauilhac - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 69Fi180 (détail).

À petits pas


janvier 2021
Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver dans les Archives… Entre le cadre de classement, les normes de description et l’organisation par « producteur », les néophytes se sentent souvent perdus devant l’immensité des ressources qui s’offrent à eux, certes, mais semblent aussi devoir se mériter. Et c’est bien dommage, car nous perdons alors de vue l’un des objectifs premiers de notre métier : conserver, bien sûr, mais pour en faire profiter tous ceux qui le souhaitent.

Il faut donc trouver (ou inventer) des outils qui fassent le lien entre la précision scientifique et la rigueur professionnelle du travail accompli par les archivistes ET l’ergonomie et la pédagogie nécessaires pour y accéder pleinement. Un enjeu stratégique, au regard de la multiplication des connexions à notre base de données opérées lors des différents confinements, qui nous oblige désormais à développer de nouvelles habitudes dans notre manière d’appréhender les fonds. Il nous faut passer outre les supports physiques ou les bornes chronologiques, pour proposer des accès uniques et/ou exhaustifs à des ressources complexes. Un défi enthousiasmant, mais un très vaste chantier… mené à petits pas.

Le dernier en date nous a conduits aux registres paroissiaux, passant de ce point d’accès à celui-là, et concluant ainsi le travail effectué sur l’ensemble des ressources généalogiques, première étape de cette nouvelle dynamique. D’autres sont en préparation… On vous en garde la primeur, n’en doutez pas.