SOUPIR


décembre 2020

DANS LES ARCANES DE


Raoul Berthelé embrassant Emilienne Gosse dans le cou (1918). Raoul Berthelé - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 49Fi1200 (détail).

Des soupirs au désir, il n’y a qu’un pas


décembre 2020

Auprès d'elle, le temps s'arrête. Vos maux disparaissent et un infini de possibles s'ouvre devant vous. Qualités, défauts, peu importe, tout vous plaît, juste comme ça, sans rien enlever, sans rien ajouter. Des moments de bonheur qui reposent sur de l'imperceptible, de l'amour donné sans l'attente d'une contrepartie. Un être exceptionnel à vos yeux dont vous n'avez qu'à croiser le regard pour vous fondre en lui. Soupirs.

Pourquoi soupirez-vous ? Elle ne le sait pas ?! La vie n’est pas une pièce de théâtre ! Alors, si vous ne voulez pas soupirer de regrets, il serait peut-être temps de lui avouer ce que vous ressentez. Qui sait ? Vous pourriez avoir une heureuse surprise... Bâtir des projets ensemble, aller voir Naples ou Venise, lui murmurer « je t’aime » dans un soupir - sans qu’il s’agisse du dernier -, devenir immortel au travers des souvenirs que vous laisserez, vous émerveiller de la beauté des eaux tranquilles du canal du Midi, vous enrichir des rêves de l’autre ou vous jouer de l’histoire en partant élever des oies.

Votre vie n’en sera que plus harmonieuse. Choisissez de vibrer plutôt que de soupirer !

ZOOM SUR


.

La Baie de Naples et le Vésuve. Eugène Trutat – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 58Fi87.

« Voir Naples et... »


décembre 2020

Notre lettre est donc ce mois-ci consacrée au « soupir ». Superbe occasion, me suis-je dit, d’évoquer Venise – à laquelle je suis aimantée – et son pont fameux. Une opportunité, ai-je pensé, de faire (re)découvrir à nos lecteurs les belles photographies sur plaques de verre réalisées par Eugène Trutat et ses confrères de la Société de Géographie de Toulouse lors de leur périple en Italie dans les années 1880-90. Et de conclure ce billet par une citation s’apparentant à un soupir : "Voir Venise et mourir"... L’affaire était dans le sac !

Or, après vérification… il s’avère que ce ne sont pas les charmes de la cité des Doges qui ont inspiré à Goethe cette citation. Loin s’en faut ! Le poète ayant été subjugué, comme il l’écrit dans son Voyage en Italie, par les magnificences de… Naples.

Me voilà donc partie pour rédiger cet article avec, pour seuls bagages, une citation et un soupir ! « Voir Naples et mourir ». Changement de cap, donc ! Quittons les canaux de la mystérieuse et brumeuse Venise pour la lumière de la Campanie. A nous l’Italie du Sud, ses routes escarpées, la côte Amalfitaine qui n’est que poème, les ruines de Pompéi et le Vésuve dont la cime enveloppée de nuages surplombe le golfe de Naples. Cela ne tombe pas si mal, me direz-vous : Eugène Trutat et ses amis géographes nous ont laissé des souvenirs enchanteurs de leur séjour là-bas. Un album-photo que les voyageurs, désormais immobiles, peuvent consulter en un clic, sans sortir de chez eux.

DANS LES FONDS DE


Vue du sépulcre de marbre de la famille Buisson de Beauvoir, surmonté d’un gisant, sis dans le chœur de l’église des Cordeliers. Relevé et dessin réalisés le 17 juin 1671 par Jean-Pierre Rivalz, commissionné pour ce faire à l’occasion d’un procès. Mairie de Toulouse, Archives municipales, 5S 166.

Un dernier soupir


décembre 2020

Lorsque vient le moment de mourir, il n'est pas donné à tous de déclamer une belle phrase qui restera gravée dans l’esprit de ceux qui assistent aux derniers instants du postulant aux hauteurs célestes. Ces derniers mots qui, empreints de détachement, élèveront l’âme de ceux qui les recueillent et bientôt les coucheront dans des manuels scolaires pour l'édification des générations futures.
Saviez-vous que les Archives municipales de Toulouse conservent un nombre conséquent de paroles prononcées dans un soupir ou un dernier râle ? Certes, vous n'y trouverez pas de « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font » ni même de « Tu montreras ma tête au peuple ; elle en vaut bien la peine ». Pourtant les phrases d'illustres inconnus toulousains qui vont suivre n’en sont pas moins touchantes, d'autant plus que, contrairement aux deux précitées, comme elles n’ont pas pu être préparées à l’avance, les nôtres portent en elles cette fraîcheur de la spontanéité…
« Mon Dieu il y a bien de l'eau icy » prononce Aymé Chapotin avant d’être entièrement englouti dans la Garonne en 1741 (il renvoie ainsi à ses chères études Mac Mahon avec sa pauvre phrase « Que d’eau, que d’eau » – mais, pour sa défense, le maréchal-président ne se noyait pas).


« Ha, mon Dieu, on vient de me donner un coup de couteau dans le ventre ! », dit Rapas avant de s'écrouler un soir d’août 1763. Clair et concis dans ses derniers mots, Rapas trépasse bientôt après. En cela, il imitait un prédécesseur, Pierre Dejean, qui en 1704, percé à mort par la broche d’un cuisinier, s'était exclamé d'une manière directe mais plus grossière : « Je suis mort ! Ce malheureux m'a crevé d’un coup de ladite broche ! »
En 1736, percé d’un coup d'épée à la joue, le jeune Duhaget lance à l'adresse des personnes qui assistent à son agression « Souvenez-vous de ce qui vient de se passer ! ». Ces derniers témoigneront après son décès et pourtant, malgré l'injonction du désormais défunt, ils semblent tous avoir un inexplicable trou de mémoire sur le déroulement des faits.
En décembre 1763, le cuisinier Carrère est à l’agonie, persuadé d'avoir été empoisonné par des religieux. Le médecin Jean Merlhes, qui est à son chevet, rapporte certaines de ses dernières paroles : « Mon Dieu je suis à vous, Satan, retires-toy ! ». Attentionné, le médecin « lui demanda si la têtte lui faisoit du mal ; il lui répondit avec le même ton furieux : Chiès-y monsieur ! ». Termes qui n'étaient assurément pas très élégants, mais qui lui ont peut-être apporté du réconfort dans ses ultimes convulsions.
En 1738, le jeune baron de Pordéac trompe d’abord son monde avec : « Ah mes amis, je suis mort ! ». Il lui faudra en effet patienter jusqu’au lendemain avant de passer l'arme à gauche, ce qui lui laisse assez de temps pour pardonner à l'auteur du coup de feu fatal mais peut être pas suffisamment pour réviser son latin de cuisine car il s'éteint enfin en prononçant un solennel « Diviettimus debitoubas nostris », ce qui n’est pas franchement correct.
C'est indéniablement le chevalier de Cortade qui a eu le plus à dire. En effet, après s’être fait sabler1 un soir de novembre 1772, il sait qu’il n’en a plus que pour quelques jours avant de succomber inexorablement à ses lésions internes. Il explique d’abord à son ami Louis-Roze de Gaye : « Aproche-toy, il me suffit de te dire que l'on m'a sablé ; ainsi tu vois toy-même que je suis sans ressource et que je n'ay que quelsques moments à vivre », puis à une cabaretière « Je suis perdu, je n'en reviendray pas ». Il se confie à d’autres encore « Mes amis, je vous ay beaucoup d'obligation mais je suis un homme mort ». Tous sont incrédules car Cortade est certes un peu ralenti mais il ne semble présenter aucune blessure, aucune ecchymose n’est visible. Et pourtant, l’écuyer va s’éteindre comme il l'avait prédit et ce n’est qu’après son exhumation qu'une autopsie révélera la réalité du crime commis contre sa personne.

Les procédures criminelles des capitouls rapportent ainsi directement ou par l'intermédiaire de témoins les dernières paroles de ceux que la mort va bientôt emporter. Quant à celles de condamnés, il est possible que certaines belles phrases soient couchées dans leurs testaments de mort (qui sont conservés aux Archives départementales de la Haute-Garonne), mais on en trouve aussi dans les mémoires manuscrites de Pierre Barthès (conservées à la Bibliothèque d'Étude et du Patrimoine).
Nous livrons un seul exemple, celui de François Vallier, qui aura bien amusé la galerie ce 6 juillet 1753 juste avant de se balancer au bout d'une corde. Condamné pour le viol d'une enfant dans les Cévènes, il va donc être pendu. Enjoint de monter sur l'échafaud, « ce qu'il fit avec grâce et sans trouble, riant au contraire, et disant au bourreau qui l'attachoit et le regardoit faire : Tu prends bien de[s] précautions ». Le confesseur qui cherche à convertir cet Huguenot goguenard en perd même son latin, Vallier se moque ouvertement de lui, demande à être pendu, puis fait semblant de se raviser et de vouloir parler à la Justice et à Dieu. Il en profite pour se faire servir un goûter. Puis, de guerre lasse, on le ramène à la potence, le prêtre ne « pouvant réussir à l'assujetir à ses exhortations, le bourreau de son côté perdant aussy son temps malgré sa ferveur et son zèle ». C’est là que Vallier s’adresse aux capitouls et leur clame : « Mess[ieu]rs je suis innocent comme l'enfant d’un jour ». L'exécuteur lui dit alors « qu'il alloit le faire sauter. Hé bien sautons, dit-il, et il s'élança luy-même »2.

_________________
1 Le terme de sabler indique une agression avec, soit une peau d'anguille, soit de petits sacs remplis de sable ; une formidable matraque molle si vous préférez.
2 Mémoires manuscrites de Pierre Barthès, "Pendaison singulière et inouïe", entrée du 6 juillet 1753. B.M.T., Ms. 701, p. 46-48.

 

LES COULISSES


.

Donjon du Capitole, l’intérieur du bureau de l’archiviste (1946) – Mairie de Toulouse, Archives municipales, 2Fi1349.

Ad vitam


décembre 2020

Le dernier soupir des mortels, évoqué dans le billet précédent, est l’occasion de se poser la question du dernier soupir de l’archiviste, ou plutôt, de la viabilité de cette fonction dans un futur incertain.
Profession peu, voire mal connue du grand public, l’archiviste existe pourtant depuis des millénaires et, malgré les nombreux défis auxquels il doit faire face à notre époque, ne semble pas voué à disparaître. 

Les missions de l’archiviste - collecter, classer, conserver et communiquer - sont des piliers immuables qui résistent face aux grands vents des documents produits par l’espèce humaine, qui soufflent dans tous les sens, sans savoir où ils nous mènent. Si les archives sont restées similaires pendant des siècles, elles évoluent au fil du temps et ont marqué ces dernières décennies un véritable tournant, amenant avec elles une tornade de modernisme : l’image est apparue, immobile ou mobile, les données se sont petit à petit dématérialisées. Conjointement, les organismes se sont complexifiés et les volumes produits n’ont cessé d’augmenter. 

Ces grands vents ont quelque peu désorienté l’archiviste, notamment lorsque le tout numérique a surgi. Il aurait pu se poser la question de l’avenir de sa profession face à un monde nouveau qui offrait de fausses promesses quant à la conservation et à la sécurité des données. Pourtant, le voilà encore debout, sans hésiter à rappeler l’importance de son rôle, même si le terrain de jeu a changé. La forme évolue, mais le fond reste le même. Pire, de nouvelles problématiques apparaissent. La gestion des documents actuels nécessite donc toujours un accompagnement technique : l’archiviste a su s’adapter et n’hésite pas à ouvrir son champ de connaissances afin de s’approprier un environnement instable, appelé à évoluer sans cesse. 

Au-delà de l’intérêt immédiat de l’archiviste pour mettre de l’ordre dans le grand chaos documentaire dans lequel nous sommes plongés, la constance de sa profession est une nécessité, car il est un gardien de l’histoire et se doit d’offrir aux futures générations un terreau sain où ces dernières planteront leur réflexion et leur construction citoyenne. 

Ainsi, l’archiviste nous démontre chaque jour qu’il n’est pas prêt à rendre son dernier souffle. Malgré les grands vents, il est à l’écoute, prêt à s’acclimater pour offrir un service au plus près des besoins actuels. 

L’archiviste n’a pas dit son dernier mot !

DANS MA RUE


.

Passerelle des Soupirs, 2010. Phot. Friquart, Louise-Emmanuelle ; Krispin, Laure (c) Ville de Toulouse ; (c) Inventaire général Région Occitanie, IVC31555_20103100721NUCA.

La passerelle des soupirs


décembre 2020

Soupirs de douleur poussés par l’amant éconduit. Soupirs d’ennui face à une conversation qui s’étire. Soupirs de plaisir après une légère ivresse qui fait danser les ombres. Soupirs de fatigue quand le monde vous tombe dessus. Soupirs de dépit devant le téléphone qui sonne dans le vide. Soupirs des condamnés qui voient Venise pour la dernière fois.

Le pont, ou plutôt la passerelle dont il est question ici, ne conduit pas à une prison, mais relie les quartiers du Busca et de la Côte Pavée à Toulouse en passant au-dessus du canal du Midi, dans le prolongement de l’allée des Soupirs au Grand-Rond.

La construction du canal, à la fin du 17e siècle, permet effectivement de raccorder la Méditerranée à la Garonne, Sète à Toulouse, mais il créé une séparation entre les quartiers situés au nord-est de la commune et le centre de la cité. En 1674, six ponts l'enjambent : ceux des Minimes, de Matabiau, de Guilheméry, de Montaudran, des Demoiselles, ainsi que celui du Petit Gragnague, disparu au moment de la construction des Ponts-Jumeaux. En raison de l'urbanisation des faubourgs, de nouveaux ponts et passerelles sont édifiés au cours des 19e et 20e siècles, amenant le nombre de ces ouvrages de franchissement à 24.

C’est l’entreprise parisienne de François Hennebique, auteur d’un système constructif et commercial révolutionnaire dans le domaine du béton armé, qui remporte en 1900 l’adjudication pour la construction de la passerelle des Soupirs. Débutée en 1902, sa construction ne dure que quelques mois.

Vue d'ensemble de la passerelle des Soupirs en construction, cliché réalisé en amont de la passerelle depuis la rive gauche du canal du Midi. Photographie noir et blanc, 1902. Ville de Toulouse, Archives municipales, 1Fi10045.

Ouvrage d’art d’une grande technicité constitué d’un seul bloc de béton pour une portée de voûte de 42 mètres, il est formé de deux arcs parallèles espacés de 80 centimètres, recouverts d’une dalle allant d’1,50 mètres en son milieu à 2,90 mètres aux extrémités. Un escalier à deux volées adossées en permet l’accès à chacun des deux bouts. Réalisée au même moment que le pont de Châtellerault (Vienne), l’un des premiers ponts en béton armé dont la portée dépasse 100 mètres grâce à ses trois arches (et aujourd’hui classé au titre des monuments historiques) et deux ans avant la construction de la passerelle Mativa à Liège, ouvrage exceptionnel par la finesse de son tablier, avec seulement 35 cm d’épaisseur à la clé, la passerelle des soupirs est un des jalons importants de l’histoire de la construction en béton armé de la maison Hennebique.

L’origine de son nom n’est pas connue, mais quoi de mieux qu’un soupir pour exprimer le passage d’une rive à l’autre, ce souffle de l’âme trahissant nos émois ?

 

SOUS LES PAVÉS


.

Pire tiers de sou mérovingien de Toulouse publié par Alexandre Dumège dans la réédition du premier tome de l’Histoire générale de Languedoc, Toulouse, J.-B. Paya, 1840.

Sou, Pire


décembre 2020

Le sou. C’est la belle monnaie d’or, le solidus, qui servait d’étalon à la fin de l’Antiquité.
Le pire. C’est ce qu’il en advint plus tard, à l’époque mérovingienne, aux 6e-7e siècles de notre ère.

Tout d’abord, on produit alors préférentiellement, par économie, une fraction de cette monnaie : le tiers de sou ou trémissis. Ensuite, la qualité même de l’or utilisé se dégrade. Et surtout, la gravure est souvent négligée, montrant des figures et des légendes parfois incompréhensibles.
Ces monnaies portaient fréquemment le nom de la ville où elles étaient frappées. Le plus anciennement connu des exemplaires toulousains, légendés Tolosa, est mentionné en 1782 dans une lettre de l’abbé Bertrand au numismate Michelet d’Ennery, acquise récemment par les Archives municipales de Toulouse (1Z485) et déjà présentée dans Arcanes.

Un autre exemplaire se trouvait dans les mains du sculpteur François Lucas, avant de passer dans celles de l’avocat toulousain Fargues, du Tarnais Louis Médalle en 1829, puis de l’archéologue Alexandre Dumège et enfin du marquis de Castellane. On perd sa trace en 1840, mais Dumège nous en a laissé un dessin que nous présentons ici. Il témoigne de la difficulté qu’il a eue à déchiffrer cette monnaie, longtemps restée sans équivalent. Heureusement un trémissis analogue est récemment apparu et a permis de comprendre que ce qui avait été pris pour un personnage surmonté d’une auréole n’était probablement qu’une tête de profil aux cheveux hirsutes.

EN LIGNE


.

Les oies du Capitole. Dessin humoristique représentant des oies tirant le donjon du Capitole. Avant 1904. F.C. / Éditions B.T.A. : Toulouse. - Mairie de Toulouse, Archives municipales, 9Fi1011.

Des soupirs riches en émotions


décembre 2020

Pour terminer l’année en beauté (et attaquer les repas de fête…), pourquoi ne pas tromper l’ennui et soupirer à son aise de joie, de frustration, d’exultation ou de colère (car oui, quand on perd, c’est moche) en vous essayant au dernier jeu concocté par les Archives  ? Alors, sous un tonnerre de caquètements à faire pâlir leurs cousines romaines, et largement inspiré par les Archives municipales et communautaires d’Orléans, voici : 

► Le jeu des oies du Capitole !

Plateau du jeu des Oies du Capitole, Arcanes #115, décembre 2020. Mairie de Toulouse, Archives municipales, non coté.

Pour gagner, il vous faudra franchir en tête la ligne d’arrivée et surmonter tous les obstacles : puits, donjon, chat noir, prison, croisée des chemins et saut de la mort… Nul besoin d’aller courir les mers lointaines pour jouer les aventuriers : vos dés et vos pions seront ici vos seuls atouts, complétés éventuellement par des cases « Le Bonheur est dans le pré » et des questions bonus. Et n’allez pas croire qu’il s’agit d’un petit jeu tranquille, car la compétition sera féroce…
Alors, lancez les dés et que l’année 2021 vous porte chance… !
 
Télécharger :
► le plateau de jeu (format A3)
► les règles du jeu et la liste des questions bonus
► les réponses
► le tout en un seul document pdf cliquable